Georges Depeyrot, F. Poey d'Avant et les Monnaies féodales de France
En novembre 1995 paraissait une réédition des 3 volumes de l'ouvrage de F. Poey d'Avant et les Monnaies féodales de France par les soins de la Maison Florange. Cette réédition était précédée d'une assez longue introduction présentant l'auteur, l'œuvre et quelques compléments bibliographiques. C'est donc ce document que nous présentons.
Georges Depeyrot, avril 2007
Faustin Poey d'Avant, Monnaies féodales de France, Paris, 1858-1862
S'il est assez facile de suivre la vie et l'œuvre de certains numismates, en particulier ceux qui ont gravité autour du Cabinet des Médailles, celles des chercheurs provinciaux, isolés et souvent peu habitués aux cénacles parisiens sont plus malaisées à suivre. La vie de Poey d'Avant est restée très extérieure au monde des numismates. Provincial, il le resta avec ferveur et n'assista guère (ou pas) aux diverses manifestations publiques parisiennes (Bitton, A., 1889, "Jean-Augustin Poey d'Avant et son cabinet d'Antiquités", Annuaire de la société d'émulation de la Vendée, 36, p. 62-80. Robuchon, J., 1892, Paysages et monuments du Poitou, photographies, Tome X, Maillezais et Benet par E. Bourloton et R. Vallette. Pasquereau, P., 1993, Fontenay, une bien belle histoire, Luçon. Pérocheau, J., 1994, Dictionnaire historique des Vendéens célèbres, Le Poiré sur Vié. Fillon, B., De Rochebrune, O., 1861, Poitou et Vendée, études historiques et artistiques, Fontenay-le-Comte. Je dois nombre des informations aux services d'archives de la Vendée et à Madame Monique Trichereau, petite-fille d'Edgar Bourloton, acquéreur en 1872 de la maison de Faustin Poey d'Avant).
Son père, Jean-Augustin Poey d'Avant était originaire de Pau où il était né en 1736. Il était lui-même fils de Jean Poey d'Avant, négociant palois. Après quelques études chez les Jésuites, il devint bachelier en droit. Il rejoignit l'administration des Domaines et arriva en 1779 à Fontenay-le-Comte comme contrôleur des actes. Il y termina sa carrière comme receveur d'enregistrement. Il épousa en 1785 une demoiselle Verdier, originaire de Villeneuve d'Agen. Il mourut le 8 juin 1801.
C'était un naturaliste renommé et reconnu. Il entretenait correspondance avec Daubenton, Berthollet, Bernard de Jussieu, Lakanal et tout ce que le monde comptait de naturalistes, du Muséum ou d'ailleurs. Il joua un rôle important dans l'enseignement et la monde culturel local. Le 8 décembre 1794, il fut appelé à composer le jury d'instruction publique. Il fut aussi membre du jury de l'École centrale de la Vendée et se distingua pendant la Révolution par un rapport qu'il rédigea en tant que président de la société populaire sur les moyens d'organiser l'instruction publique.
Son cabinet personnel comprenait un ensemble de plantes, animaux, antiquités et monnaies. Il fut vendu en 1826 à M. Humbert, médecin à Morley (Meuse), puis partagé à la mort de ce dernier entre l'école de médecine de Nancy et le musée de Bar-le-Duc pour les antiquités. Le médaillier a été acheté par un bijoutier qui en fit un objet de spéculation.
Jean-Augustin Poey d'Avant eut 6 enfants:
* Augustin Félix, vérificateur des domaines mort à Thouars le 23 décembre 1830.
* Édouard Jérôme, mort très jeune.
* Pauline Victoire mariée le 3 septembre 1817 à J. Fillon, notaire à Nalliers, morte en 1837.
* Clémentine, morte le 12 juillet 1876, restée célibataire. On trouve dans la liste des collections étudiées par B. Fillon pour ses Études numismatiques (1856) celle de Faustin Poey d'Avant et celle de Clémentine Poey d'Avant. On retrouve dans la liste des collections citées dans les Monnaies féodales de France (1862) celle de Faustin Poey d'Avant receveur de l'enregistrement en retraite à Maillezais et celle de Clémentine Poey d'Avant de Fontenay. Elle publia quelques petits articles dont un conte La mouété de quene, Nantes, 1859 (réédité en 1981 sous le nom de Caroline Poey d'Avant).
* Victor Faustin Poey d'Avant, notre numismate.
* Cyprien Corneille Poey d'Avant, notaire à Maillezais, mort le 24 décembre 1881.
Il reste impossible de parler de Faustin Poey d'Avant en passant sous silence Benjamin Fillon.
Il naquit le 15 mars 1819 (Faustin Poey d'Avant avait 27 ans) à Grues en Vendée. Il était le fils de Pauline Poey d'Avant, sœur de Faustin et de J. Fillon notaire. Il s'installa à Fontenay pour ses premières études, puis à Poitiers pour finir ses études de droit où il obtint une licence en 1837. Il était sans doute parent du colonel L.-J. Fillon qui fut tué à la tête de ses troupes républicaines le 25 mai 1793.
Benjamin Fillon déménagea à Fontenay en 1824 où il fit davantage connaissance de Poey d'Avant et de sa famille. Après ses études de droit il devint juge-suppléant à Bourbon-Vendée et démissionna après le coup d'État du 2 décembre 1851. Ses positions anti-bonapartistes et républicaines lui firent proposer un poste de préfet de la Vendée le 5 décembre 1870, mais il refusa.
Il résida de 1864 à 1880 à Fontenay dans l'hôtel Poey d'Avant. Il avait épousé Clémentine une nièce de Faustin Poey d'Avant. Elle mourut le 16 juillet 1873 et il décéda le 23 mais 1881 à Saint-Cyr-en-Talmondais.
Ses principales publications numismatiques furent:
* Considérations historiques et artistiques sur les monnaies de France, Fontenay, 1850.
* Une collaboration à la Description des monnaies seigneuriales françaises composant la collection de M. Poey d'Avant, avec un essai de classification, Fontenay, 1853.
* Études numismatiques, Paris, 1856.
* Collection Jean Rousseau, monnaies féodales françaises, Paris, 1860.
* une courte oeuvre consacrée à Melle Clémentine Poey d'Avant, Fontenay, sans date.
Enfin, avec sa femme, il publia un ouvrage sur les antiquités de Nalliers: Benjamin et Clémentine Fillon, Nalliers, Fontenay le Comte, 1865 (extrait de Fillon, B., De Rochebrune, O., 1861, Poitou et Vendée, études historiques et artistiques, Fontenay-le-Comte). Elle peignait et une toile représentant une vieille femme a été reproduite dans Vendée et Poitou.
Après les décès de Faustin Poey d'Avant et de son épouse, les biens, en particulier l'abbaye de Maillezais furent vendus aux enchères par jugement du tribunal civil de Fontenay en date du 17 juillet 1872. Les héritiers étaient:
* Melle Clary Poey d'Avant habitant à Maillezais.
* Mme Aline Poey d'Avant, mariée à M. Henri Douillard juge de Paix à Saint-Fulgent.
* M. Tony Poey d'Avant demeurant à Maillezais.
* Melle Georgette Guérineau, demeurant à Niort.
* M. Maurice Guérineau juge suppléant près le tribunal civil d'instance de Niort.
* M. Jules Pouzet, docteur médecin, demeurant à l'Absie (Deux-Sèvres).
* M. Marcel Pouzet, étudiant en droit, demeurant à Paris.
* Monsieur Armand Robin, docteur médecin demeurant à Chaix.
* M. Félix Poey d'Avant, demeurant à Luçon.
Faustin Poey d'Avant est né le 14 mai 1792 à Fontenay en Vendée. C'était le cinquième enfant de Jean-Augustin.
Nous ne savons que peu de choses des études de Faustin Poey d'Avant. Il eut vraisemblablement quelque bagage juridique pour prendre la suite des activités de son père. En tous cas, il ne semble pas avoir effectué de grandes études en Histoire (si toutefois ce concept n'était pas anachronique), ce qui peut expliquer certaines erreurs de son catalogue. En tous cas c'était avant tout un érudit local et régional.
Il acquit au début du dix-neuvième siècle, l'abbaye de Maillezais. La matrice cadastrale de Maillezais datée des années 1830 le signale vers cette date comme propriétaire de l'abbaye. Ce bâtiment médiéval avait perdu en 1666 sa vocation monacale. L'abbaye fut vendue en 1790 au titre des biens nationaux à un spéculateur qui en 1836 la revendit à Faustin Poey d'Avant (sur l'abbaye Brochet, L., 1989, Histoire de Maillezais, Paris; Irastorza, J.-F., 1990, L'abbaye de Maillezais, La Guerche). En 1872, à la suite d'une décision de justice elle fut vendue aux enchères et achetée par Edgar Bourloton et est actuellement propriété de sa famille. C'est de cet endroit qu'il signa le 15 décembre 1858 le premier tome des Monnaies féodales de France. Il entama aussi un Inventaire des noms de lieux de la Vendée, travail qui fut repris et publié par A. Bitton.
Il occupa la même fonction que son père: receveur de l'enregistrement.
Il fut élu membre associé étranger (Revue belge de numismatique, 1858, page 327).
Il était marié, sans enfant. Sa femme pratiquait la peinture avec un talent très certain.
Il est mort le 14 juillet 1864 à Fontenay en Vendée et sa femme décéda en 1868. Son décès fut annoncé dans la Revue belge de numismatique, 1864, p. 489, la Revue numismatique, 1864, p. 322, et dans le Bulletin de numismatique, 1864, p. 196.
Nous avons insisté un peu plus haut sur le milieu familial au sens large du terme. Il n'est certainement pas sans influence sur les choix et les modes de vie de Faustin Poey d'Avant. Nous y reviendrons plus tard.
Son père avait quitté le milieu du négoce pour embrasser une carrière au service de l'administration publique dans laquelle il passa sa vie. Ses enfants le suivirent dans cette orientation. L'aîné devint vérificateur des domaines, Faustin finit sa carrière comme receveur de l'enregistrement, le petit dernier fut notaire. Benjamin Fillon, son neveu par alliance était formé au droit. Deux héritiers dont nous connaissons la profession étaient juge de Paix et juge suppléant, les autres médecins ou étudiant en droit.
Tous appartenaient à une frange aisée de la société. Ce point ne saurait nous étonner. La pratique de l'écriture, de la peinture et de la collection d'antiquités étaient des marqueurs sociologiques forts de la bourgeoisie du dix-neuvième siècle. Que ce soit un tel environnement culturel qui facilite l'émergence d'un numismate de haut niveau ne surprend pas. Deux points semblent toutefois nécessiter des remarques plus précises.
Le père de Faustin se mit, durant sa vie professionnelle, au service de la monarchie et termina sa carrière sous Napoléon Ier. Faustin naquit sous la monarchie constitutionnelle, connut la Révolution, deux Républiques, deux Empires, trois rois. Malgré ces péripéties politiques et constitutionnelles, sa vie administrative se déroula sans encombre. Les Poey d'Avant peuvent être considérés comme le type même de la famille de gestionnaires et d'administratifs de la fin de l'Ancien Régime se mettant et restant au service de l'État, constituant par là même l'ossature de l'administration gouvernementale d'un pays. Faustin Poey d'Avant était ainsi familiarisé en raison de son environnement familial et son contexte historique à l'idée d'une division entre les superstructures dirigeantes (rois, empereurs, présidents, etc.) susceptibles d'être interchangeables et la permanence des fonctions et des fonctionnaires. L'idée de la continuité de l'État aura son influence sur l'approche numismatique de Poey d'Avant: nous y reviendrons plus tard.
Nous savons que Jean-Augustin Poey d'Avant (père de Faustin) était un naturaliste renommé. Il entretint correspondance avec les principaux spécialistes des plantes, fleurs et animaux, allant même jusqu'à leur faire cadeau de ses études, inventaires et spécimens. Dans ses activités professionnelles, le contrôle des actes et l'enregistrement mettaient en valeur son goût de la précision et de la méticulosité. Il est évident qu'il transmit son goût de la précision à ses enfants: un vérificateur des domaines, l'autre receveur de l'enregistrement, le troisième notaire, voilà trois professions où l'ordre, la précision, l'aptitude à consigner les observations sont indispensables. Ce furent cependant Clémentine et Faustin qui héritèrent de son goût pour la taxinomie. Au fond, classer des plantes ou des monnaies relève des mêmes dispositions intellectuelles: observer, étudier, analyser, ordonner. Clémentine fut une collectionneuse de monnaies féodales. Faustin eut le destin que l'on connaît. La famille élargie continua certainement à cultiver les mêmes marques sociales. Le mariage de Benjamin Fillon (numismate de l'époque féodale) en est une belle démonstration, de même que la présence de deux juges et un étudiant en droit sur les 5 actifs héritiers de Faustin Poey d'Avant. Goût du légiste pour le détail, l'ordre et la classification, goût du numismate pour détail, l'ordre et la classification. Ce point explique en partie les choix numismatiques de Faustin Poey d'Avant, nous y reviendrons plus tard.
Au début du dix-neuvième siècle, les publications numismatiques consacrées aux séries féodales étaient rares et peu utiles. Pour la numismatique royale, on utilisait encore le vieux livre de F. Le Blanc (Traité historique des monnaies de France, Paris, 1690), complété par quelques études ou quelques catalogues de ventes. En manière de frappes féodales, seul était utilisé le travail de Duby (Traité des monnaies des barons, Paris) publié en 1790 qui présentait le grand inconvénient de lister les émissions par famille (au sens nobiliaire du terme) non par localité et surtout d'être particulièrement incomplet.
Le champ était donc particulièrement libre, mais certainement l'enjeu de lutte d'influences. La création en 1836 de la Revue numismatique ne dut pas être exempte d'arrière pensées, d'autant qu'au milieu du dix-neuvième siècle, de nombreuses études furent publiées comme celles de F. De Saulcy en 1841 (Recherches sur les monnaies des ducs héréditaires de Lorraine, Metz) et de Ph. Mantellier, (Notice sur la monnaie de Trévoux et de Dombes, Orléans) en 1844. Toutes ces études de la moitié du siècle (Poey d'Avant, Bigot, Longpérier, etc.) soulignent l'importance de la production scientifique du moment (voir plus bas l'étude des publications et de la documentation).
La publication de la Description des monnaies seigneuriales françaises et des Monnaies féodales de France intervint donc à la fois dans un contexte de pénurie de publications et à la fois dans un moment d'abondance: pénurie car aucune d'entre elles n'avait réussi à s'imposer comme le travail général de référence et abondance en raison de la multiplicité des études régionales.
Son premier travail numismatique fut la publication en 1853 de sa Description des monnaies seigneuriales françaises composant la collection de M. Poey d'Avant, avec un essai de classification, Fontenay, en un volume, couronné par une mention très honorable dans le concours des antiquités nationales de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
Dans la livraison du 30 avril 1853, Adrien de Longpérier avait donné un long compte-rendu de cet ouvrage. Le plan de l'ouvrage fut le point central des critiques: "Nous ne lui ferons pas non plus une querelle à propos de l'ordre dans lequel il a rangé les seigneuries. Nous savons parfaitement combien il est difficile d'établir une classification méthodique tout à fait rigoureuse. Choisira-t-on l'ordre des provinces de la Gaule et des cités épiscopales ! On se trouvera parfois en désaccord avec les divisions politiques du temps de la troisième race. Groupera-t-on les monnaies suivant les analogies de types qu'elles présentent !... Le mieux peut-être serait de classer les monnaies en suivant le serment des officiers préposés à la fabrication".
Suit alors une grande diatribe sans objet "Nous regrettons que l'auteur se soit laissé abuser par un article de la Revue numismatique, au sujet des monnaies des rois danois...". Cette partie n'était qu'un règlement de compte entre Adrien de Longpérier et Émile Caron.
Quelque temps après, Anatole de Barthélémy consacra à ce travail un compte-rendu plutôt sévère dans la Revue numismatique: "L'ordre historique n'y existe pas". En un mot l'ouvrage se trouva condamné: "Je crois que toute personne qui voudra s'occuper de nos monnaies nationales risquera fort d'être incomplet s'il ne consulte pas l'ouvrage de notre confrère. Mais je doute fort qu'il y ait lieu de prendre comme système de classification l'ordre de matières qu'il a adopté" (Revue numismatique, 1853, p. 228-233). Le texte d'Anatole de Barthélémy ne fit en substance que paraphraser le jugement du maître, Adrien de Longpérier que l'on veut flagorner. Tous ces jugements nous apparaissent d'autant plus péremptoires que ni Longpérier ni Barthélémy n'ont publié d'ouvrage de typologie féodale pouvant rivaliser avec celui de Poey d'Avant !
Ce compte-rendu dut être sujet à débats puisqu'il fut suivi par une longue réponse rédigée par E. Caron. Ce dernier mit en évidence l'intérêt de la publication de Poey d'Avant et crut bon de revenir sur le point de polémique entre A. De Longpérier et lui qui fut développé dans l'Athenaeum français, où le recenseur avait critiqué Caron. En réalité, le ton, les références à des articles publiés en 1841 et 1853 soulignent la vivacité des oppositions entre les deux hommes, par Poey d'Avant interposé.
Ces querelles sur le plan de l'ouvrage ne peuvent abuser. Le conflit portait sur l'impossible autorité qu'Adrien de Longpérier n'avait pu exercer sur l'œuvre de Poey d'Avant. Adopter le plan suggéré par De Longpérier ou le refuser, c'était admettre de reconnaître son leadership en numismatique féodale. Poey d'Avant l'avait refusé. Il le refusa également dans ses monnaies féodales de France.
Quelques années plus tard, on signala dans la Revue numismatique (1853, p. 412), la vente de la collection de Poey d'Avant, et on annonça la préparation de la suite: "M. Poey d'Avant, qui rassemble les matériaux d'un supplément à sa Description des monnaies seigneuriales françaises s'est déterminé à mettre en vente sa première collection... Le but de M. Poey d'Avant est de propager l'étude de la numismatique française en répandant dans tous les cabinets les richesses qu'il avait recueillies, et de pouvoir en acquérir de nouvelles pour réunir tous les documents nécessaires à un traité complet sur la matière, remplaçant celui de Duby, devenu tout à fait insuffisant". On sait ce que devint ce supplément: les Monnaies féodales.
Enfin, cette même Revue numismatique 1853 annonça page 442 l'obtention par Poey d'Avant de cette mention très honorable dans le concours des antiquités nationales de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. En réalité, il n'eut que la cinquième mention très honorable. L'autre mention obtenue pour la numismatique fut décernée à M. A. Robert pour d'autres travaux.
Le 12 décembre 1853 débuta la vente de la collection. Elle rapporta 11.686 francs (francs-or), somme qu'il consacra "à sa nouvelle collection de monnaies seigneuriales, qu'il forme avec beaucoup de zèle, et qui sera peut-être un jour le sujet d'un supplément à son ouvrage" (Revue numismatique, 1854, p. 227-228).
Aucun de ses autres ouvrages ne fut alors présenté dans la Revue numismatique. La publication des Monnaies féodales, ne fut même pas mentionnée.
En 1855, il publia un Catalogue des monnaies françaises et étrangères composant la collection de M. Norblin.
Poey d'Avant publia en 1858, 1860 et 1862, les trois volumes des Monnaies féodales de France. Il a largement détaillé ses intentions et ses motivations dans deux textes, l'un publié en préface du premier volume et l'autre en postface du denier.
Tout plan reste sujet à critique, géographique, historique ou typologique, chacun d'entre eux ne peut satisfaire les tenants de l'autre choix. La question du plan évoquée par A. De Barthélémy à propos de la publication de la collection Poey d'Avant resurgit.
Poey d'Avant l'envisagea et se défendit a priori: "Quant au plan que j'ai choisi, il a besoin lui aussi de quelques explications. Je sais parfaitement que c'est là le côté vulnérable et que je dois m'attendre à être vivement critiqué. Je répondrai d'avance que, quelque parti que j'eusse pris, le résultat eût été le même. Chacun a son système et cherche à le faire prévaloir. Quand j'ai publié ma Description, les comptes-rendus, qui en ont été faits dans les divers recueils, ont montré combien peu on était d'accord sur cette grave question du plan. Les uns proposaient l'ordre alphabétique, qui est certainement le plus simple, mais qui n'est guère scientifique; sans compter qu'il a le grave inconvénient d'éloigner les unes des autres les monnaies du même type, tandis qu'il y a toujours intérêt à les rapprocher. D'autres auraient voulu que, prenant la féodalité à son début, je l'eusse suivie pas à pas dans chaque province... En dernière analyse, je me suis décidé à adopter la marche que j'avais déjà suivie dans mon premier ouvrage, tout en la modifiant de manière à la rendre plus accessible" (p. ix-x).
En 1882, en publiant son ouvrage, E. Caron ne put éviter le problème (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris). Dans sa longue introduction, il rendit hommage à son vieil ami Poey d'Avant en ces termes: "Œuvre d'un simple collectionneur élaborée en province loin des grands centres de la science par un amateur passionné pour la numismatique, mais étranger aux diverses connaissances qui en complètent l'étude, ce traité a été diversement apprécié par les savants... Les uns ont reproché à Poey d'Avant ses incursions sur le domaine de la numismatique royale. Bien souvent, il déclare lui-même qu'il ne publie et ne fait graver une monnaie que comme un prototype et uniquement pour faire apprécier les progrès de la dégénérescence de ce qu'on a appelé l'immobilisation des types... On a critiqué sa classification sans en proposer une meilleure. En réalité, elle est préférable à celle de Duby, qui divise les monnaies en ecclésiastiques et laïques et procède ensuite par ordre alphabétique. La classification de Poey d'Avant est plus scientifique. Elle rapproche en définitive les provinces qui ont monnayé au même type. Aussi est-elle adoptée partout: elle guide tous les amateurs; elle est la base de tous les catalogues".
En 1884, ce débat resurgit donc encore à propos de la publication de l'ouvrage d'Émile Caron. Robert Serrure dans une présentation de l'ouvrage sur les monnaies féodales déplorait que Poey d'Avant ait "embrassé dans un plan énorme, mais historiquement assez mal limité, toutes les monnaies battues par les seigneurs dont les terres forment aujourd'hui la France" (Serrure, R., 1884-1885, "Les travaux de M. E. Caron sur les monnaies féodales françaises, quelques pièces inédites ou peu connues", Bulletin de numismatique, p. 90 suivantes).
Poey d'Avant se proposa de faire l'étude des "monnaies nationales" et il manifeste une volonté d'exhaustivité: "J'ai fouillé la presque totalité des collections de France et même de l'étranger, où j'avais espoir de rencontrer des pièces nouvelles. Quelques amateurs m'ont conseillé de ne pas suivre mes anciens errements et de m'abstenir de faire connaître toutes les variétés de chaque monnaie. Voici les raisons qui m'ont empêché de me rendre à leur avis. D'abord j'ai voulu dresser un inventaire aussi complet que possible des monnaies féodales aujourd'hui connues" (p. vii).
Il refusa de se livrer à autre chose que le catalogage: "Je n'ai pas la prétention d'offrir aux numismates un livre de doctrine. Il est plusieurs points que j'ai été forcé de ne pas aborder. Écrivant loin des grands centres scientifiques, j'ai dû me borner au rôle de simple catalogueur" (p. viii).
Par la suite, Caron critiqua aussi une dérive de la recherche peut-être engendrée par la volonté de Poey d'Avant de cataloguer jusqu'aux infimes variétés, l'abus de la notion d'inédit: "Aussi, maintenant dès qu'une pièce porte une inversion de légende non mentionnée par Poey d'Avant, qu'une lettre est omise ou a changé de place, que le cantonnement de la croix est modifié du 1er au 2me, les catalogues s'empressent de la proclamer inédite et c'est là vraiment que la science n'a rien à gagner".
Cette volonté d'exhaustivité fut critiquée. Poey d'Avant en conçut certainement un ressentiment et il revint à deux reprises sur cette question.
Dans son introduction, il signale que "Les collections m'ont été ouvertes avec empressement; des documents précieux m'ont été généreusement communiqués; quelques amateurs ont même poussé le désintéressement plus loin, ils ont abandonné en ma faveur des projets de publications qu'ils avaient formés. Pourquoi faut-il qu'à côté de ces nobles procédés, j'aie à signaler quelques résistances inexplicables et heureusement très peu nombreuses. Sous des prétextes tous plus futiles les uns que les autres, j'ai éprouvé deux ou trois refus qui m'ont été fort sensibles. En vain ai-je fait valoir l'importance du but que je me proposais, l'intérêt tout national qui s'attachait à mon entreprise, rien n'a pu vaincre ces résistances obstinées. Je m'étais d'abord promis de signaler aux numismates ces amateurs récalcitrants et coupables du crime de lèse-science. Je préfère aujourd'hui m'en abstenir et abandonner ces déplorables collectionneurs aux remords de leur mauvaise action" (p. Xi). Il revint sur la question dans la postface du tome III, p. 444.
Poey d'Avant souhaitait pour que ses catalogues soient les plus exhaustifs possibles. On le lui a reproché lors de la sortie de sa description. Il reste à comprendre le cheminement qui lui a rendu nécessaire la consignation de toutes les variantes de toutes les frappes. Nous avons insisté en tête de chapitre sur l'importante de la tradition de la classification dans la famille Poey d'Avant. Le père passant sa vie à classer avec soin les végétaux et les animaux. Poey d'Avant a certainement été marqué par cette tradition. En bon naturaliste, Jean-Augustin inventorié chaque variété et sous-variété. Un classement ne pouvait dès lors qu'être aussi complet que possible pour Poey d'Avant. Classer plantes ou monnaies relevait donc des mêmes processus intellectuels.
Il n'est pas sans intérêt de regarder d'assez près la liste des collections citées pour juger du réseau social de Poey d'Avant. La liste est impressionnante: on y retrouve tous les grands collectionneurs français et étrangers (Anatole de Barthélémy, Deschamps de Pas, Feuardent, Benjamin Fillon, Hoffmann, De Jonghe, Mantelier, De Saulcy, G. Vallier). On trouve dans la liste des collections citées celle de Faustin Poey d'Avant receveur de l'enregistrement en retraite à Maillezais et celle de Clémentine Poey d'Avant de Fontenay. On y remarque la quasi-totalité des collections publiques françaises et étrangères (Barcelone, British Museum, Copenhague, Paris, Saint-Pétersbourg, Madrid, La Haye, Stockholm). Cette longue liste montre, de façon évidente, que Poey d'Avant avait visité ou entretenu des relations scientifiques avec presque tous les collectionneurs et tous les cabinets du monde. Il annonça pour le début de l'année 1863 un supplément à son œuvre. Ce document ne verra jamais le jour.
De même qu'il avait largement considéré comme féodales des émissions carolingiennes, Poey d'Avant a intégré dans son travail des émissions monétaires postérieures à l'époque médiévale. Il s'agit des dernières émissions de seigneurs importants qui possédaient un vaste patrimoine territorial au sein duquel figuraient des terres encore autonomes sinon réellement indépendantes vis-à-vis du roi de France. Le plus souvent, ces terres étaient situées à la limite du royaume de France et de l'Empire: principautés ardennaises et lorraines, principautés de Montbéliard et de Dombes. Mais certaines de ces terres étaient parfois enclavées: Avignon et le Comtat Venaissin, principautés d'Orange et de Boisbelle-Henrichemont. Tous les monnayages afférents à ces terres relèvent de l'époque des Temps Modernes (seizième-dix-huitième siècles).
L'insuffisance des connaissances historiques de Poey d'Avant (handicap auquel Duby avait échappé) l'empêcha de comprendre la nature spécifique de ces monnayages. Pour Avignon et Orange, la fabrication monétaire aux seizième siècle et dix-septième siècle n'est pas seulement la suite d'une fabrication commencée au Moyen Age: elle obéit désormais à des caractéristiques différentes que l'on retrouve dans les autres principautés. Dans ces dernières, le monnayage débute au seizième siècle, voire même au dix-septième siècle. Il n'est pas une survivance féodale comme certains ont pu le penser à la lecture des erreurs de Poey d'Avant et de certains de ses prédécesseurs, mais un monnayage original moderne. Concurrent de celui du roi ou de l'empereur, fondé le plus souvent sur l'imitation des espèces de ces derniers et généralement organisé et développé contre la volonté de ceux-ci, il est l'expression de la puissance de quelques grandes familles. Celles-ci, généralement françaises et étrangères à la fois, n'hésitèrent pas à abuser de leur rang et de leur proximité avec le souverain pour prendre quelques libertés avec le monopole monétaire de ce dernier et à battre monnaie, dans un but d'enrichissement personnel, lorsque des circonstances favorables s'offrirent à elles. L'absolutisme de Louis XIV, développé après la Fronde, mit fin à ces monnayages insolites.
L'incompréhension de Poey d'Avant à l'égard de ces monnayages, explique la grande faiblesse des chapitres qu'il leur a consacrés, confondant souvent les Maisons avec les hôtels monétaires. Incapable de distinguer entre les titres et les possessions, l'essentiel de l'accessoire, Poey d'Avant a fourni un travail qui est entièrement à revoir en ce qui concerne ces monnayages. Dès le dix-neuvième siècle, A. De Longpérier au sujet des Dombes, Engel pour Château-Regnault, Bretagne pour Château-Regnault et Charleville, H. Boyer pour Boisbelle-Henrichemont, notamment, se sont efforcés de mettre de l'ordre dans la confusion introduite par Poey d'Avant vis-à-vis de Duby qui, écrivant encore sous l'Ancien Régime, avait su au moins proposer une présentation correcte par Famille. Au vingtième siècle, B; De Jonghe et H. Descharmes pour les Ardennes, Chr. Bindner et J. Ebner puis J.-M. Debard pour Montbéliard, Muntoni puis Berman pour Avignon et le Comtat Venaissin, H. Van der Wiel, Chr. et J.-L. Charlet pour Orange ont poursuivi cet effort. Le Traité de numismatique moderne et contemporaine (1897) d'Engel et Serrure et surtout le petit catalogue illustré de R. Serrure (sans date, établi vers 1895) apportent néanmoins de précieux correctifs à Poey d'Avant. Mais l'ampleur de ceux qui restent à réaliser est telle qu'un autre ouvrage, consacré aux monnayages seigneuriaux de la France des Temps Modernes, s'avère indispensable. Chr. Charlet avec A. Tissière pour les Ardennes, F. Arbez pour les Dombes et Henrichemont, J.-L. Charlet pour Orange et Avignon, l'ont entrepris. Une première tranche a été publiée en 1992 concernant la principauté de Sedan, une autre est en cours concernant les principautés de Charleville (Arches) et de Château-Regnault, ainsi que, par ailleurs, la principauté de Monaco dont le monnayage ancien (1640-1735) relève des mêmes caractéristiques: Poey d'Avant l'avait oubliée, bien que Duby l'ait étudiée.
Les émissions seigneuriales des Temps Modernes sont l'œuvre des Maisons (familles) suivantes:
* A Charleville (Arches), les Gonzague-Nevers, ducs de Nevers et de Rethel;
* A Château-Regnault, les Lorraine-Guise dont le dernier représentant devient, par mariage, princesse de Bourbon-Conty;
* A Sedan, les La Mark puis les La Tour d'Auvergne qui portent le titre de ducs de Bouillon sans posséder le duché;
* A Bouillon, les La Tour d'Auvergne qui reçoivent le duché en 1678 après avoir cédé Sedan la France;
* A Cugnon (seigneurie oubliée par Poey d'Avant), les Löwenstein-Wertheim-Rochefort;
* A Phalsbourg et Lixheim, les Lorraine-Vaudémont;
* A Fenestrange (principauté oubliée par Poey d'Avant), les Croy;
* A Gorze (abbaye autonome oubliée par Poey d'Avant), les Lorraine-Rémoncourt;
* A Montbéliard, les Wurtemberg;
* A Trévoux (Dombes), les Bourbon-Montpensier puis Bourbon-Orléans;
* A Orange, les Nassau;
* A Boisbelle-Henrichemont, les Sully;
* En Avignon, les légats pontificaux;
* A Monaco, les Grimaldi.
Poey d'Avant, suivi par Boudeau, a rattaché toutes ces émissions à des provinces. Elles doivent en être distinguées car les terres concernées ne faisaient pas encore partie de provinces françaises au moment où ces émissions furent effectuées.
Les Monnaies féodales sont illustrées par 163 planches réalisées par Dardel, représentant quelque 3.453 monnaies. C'est là la plus vaste tentative pour illustrer un corpus monétaire. Pratiquement une monnaie sur deux est représentée dans les planches.
Cette importance de l'illustration reste un modèle du genre. Les principaux travaux qui suivirent ceux de Cohen, de Gariel tentèrent de l'égaler, mais ne purent présenter autant de gravures. Ce ne fut qu'avec le développement des techniques photographiques que les illustrations allaient se développer. La mécanisation de l'illustration permit sa banalisation (voir les ouvrages de Prou, etc.). La seconde édition du Cohen resta une exception face à la vulgarisation de l'illustration photographique. Cette question du passage de la gravure à la photo a été parfaitement étudiée par Hollard, D., 1991, "L'illustration numismatique au XIXe siècle", Revue numismatique, p. 7-42.
A l'occasion d'études antérieures, nous avions mis en évidence les présupposés historiographiques des chercheurs numismates qui s'étaient penchés sur la question des émissions monétaires carolingiennes (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris; Cohen, H., Description des monnaies frappées sous l'Empire romain communément appelée médailles impériales, avec introduction et mise à jour de G. Depeyrot, Paris, 1995).
Fortement influencés par la nécessité de mettre en évidence un processus de maturation politique sous les diverses dynasties royales, ces chercheurs avaient une vision déterministe et progressiste de l'histoire: les siècles avaient contribué à faire naître une nation, un État catholique et royaliste. Dès le retour de Louis XVIII, la Charte constitutionnelle de 1814 restaurait le roi au nom d'une tradition historique clairement affirmée dans le préambule: "Les communes ont dû leur affranchissement à Louis le Gros, la confirmation et l'extension de leurs droits à Saint Louis et à Philippe le Bel; que l'ordre juridique a été établi et développé par les lois de Louis XI, de Henri II et de Charles IX; enfin que Louis XIV a réglé presque toutes les parties de l'administration publique par différentes ordonnances dont rien encore n'avait surpassé la sagesse... En cherchant ainsi à renouer la chaîne des temps, que de funestes écarts avaient interrompue, nous avons effacé de notre souvenir, comme nous voudrions qu'on pût les effacer de l'histoire, tous les maux qui ont affligé la patrie durant notre absence". Les historiens formés à la nouvelle École des Chartes furent invités à légitimer par leurs travaux la royauté comme mode naturel de gouvernement en France, et comme voie naturelle du progrès (O. Dumoulin, 1992, "Histoire et historiens de droite", Histoire des droites en France, 2, Culture, J.-F. Sirinelli éd., Paris, p. 350 & 361).
Dès lors qu'il lui était implicitement assigné un tel rôle, l'étude de la frappe monétaire ne pouvait que rentrer dans une vision téléologique de l'histoire. De Longpérier, De Barthélémy, Gariel, Prou, furent d'excellents représentants d'une telle conception. En gros, ce fut la conception des chercheurs français du dix-neuvième siècle. Elle leur fit refuser l'idée de la pénurie monétaire du dixième siècle et ignorer les autres régressions comme celle du quinzième siècle. Dans cette optique, les frappes féodales, ne peuvent être considérées que comme le résultat de l'usurpation des droits régaliens. Le développement de la monarchie s'étant caractérisé principalement par la limitation des droits monétaires des féodaux, puis par la lutte contre ces seigneurs dont les terres étaient progressivement incorporées au domaine royal. La vision normale de la monnaie féodale relevait de cette opposition: monnaie royale versus monnaie féodale.
Or, il suffit de feuilleter les Monnaies féodales de Poey d'Avant pour constater que ce schéma de lecture ne convient absolument pas. Poey d'Avant mélangea allègrement les émissions carolingiennes (parfois même en annexant des ateliers n'ayant frappé que sous les Carolingiens), les émissions royales, (principalement celles de Philippe Ier (1060-1108) et de Louis VI (1108-137) mais pas exclusivement (voir par exemple le comté de Chalons), les émissions des rois d'Espagne (à Besançon et dans les ateliers voisins, dans les ateliers pyrénéens comme le Roussillon, la Navarre, le Béarn, etc.), mais aussi en évitant certaines séries royales étrangères qu'il aurait dû ou plutôt pu intégrer. Cette impression de fouillis dut certainement être celle que ressentirent les chercheurs plus impliqués dans les grands courants historiographiques: ils ne trouvaient pas là matière à alimenter leur vision de l'évolution des frappes. Dans les travaux et les manuels ultérieurs cette confusion fut souvent notée, et les divers auteurs tels que Engel et Serrure, Blanchet et Dieudonné, tout en reprenant les classifications de Poey d'Avant durent renoncer à le suivre dans certaines considérations sur des émissions et des ateliers qui n'avaient que très peu de rapports avec les féodaux. Poey d'Avant justifia ses choix en signalant l'importance des immobilisations carolingiennes, telles que signalées par Lelewel et Lecointre Dupont (page iii). Cependant une intégration aussi importante de monnaies royales dans un catalogue de monnaies féodales ne saurait s'expliquer par les monnaies carolingiennes immobilisées.
D'un autre côté, Poey d'Avant s'excusa de ne citer que très peu de documents monétaires "j'ai cité très peu de documents monétaires. Je ne l'ai fait que chaque fois que ces documents étaient nouveaux et que leur connaissance était indispensable pour appuyer des attributions qui, sans cela, eussent été discutables" (page viii). En réalité, la lecture attentive de ses trois tomes montre que les citations concernent principalement des concessions de droits monétaires, alors qu'un texte aussi important que l'ordonnance de 1315 n'est pratiquement jamais cité. Cependant, jamais choix n'est neutre. Ceux de Poey d'Avant étaient particulièrement méticuleux. S'il a donc intégré certaines séries carolingiennes ou certaines séries royales plus tardives, voire très modernes, c'est avant toutes choses parce qu'elles remplissaient un certain rôle dans sa conception des frappes féodales.
Faustin Poey d'Avant, nous l'avons vu, faisait partie de ces fonctionnaires qui contribuaient par leur activité à servir l'État quel que soit le régime en place. Il avait une perception des frappes médiévales largement liée à sa perception des événements politiques. Il y a donc de très fortes vraisemblances pour que Faustin Poey d'Avant ait imaginé un système d'ateliers monétaires frappant tantôt au nom du roi (par autorisation ou pas), tantôt sur l'initiative de l'autorité locale. Ces ateliers pouvaient ainsi passer au gré des circonstances politiques ou matrimoniales des mains du roi, à celles du comte, ou celles de l'évêque, etc., pour, in fine, revenir entre les mains du roi. Ainsi, nous pouvons expliquer que Poey d'Avant ait accordé davantage de place aux cessions de droits monétaires qu'aux autres documents monétaires. De même, Poey d'Avant pouvait avec de tels concepts intégrer dans ses frappes féodales des émissions royales qu'il estimait être les produits de l'activité des comtes. En somme, il faisait un parallélisme entre l'activité des monétaires médiévaux au service de plusieurs autorités et celle qui était la sienne de receveur de l'enregistrement au service des empereurs, rois et présidents.
Alors que les premières études de Poey d'Avant furent publiées localement, ses Monnaies féodales de France furent prises en charge par Camille Rollin. Poey d'Avant lui en fut reconnaissant "Je dois rendre particulièrement hommage à M. Camille Rollin. Si l'ouvrage que je présente aux suffrages des numismatistes leur offre quelqu'intérêt, ils le doivent à sa généreuse initiative. Sans son intervention, je n'eusse jamais songé à entreprendre un labeur aussi long et aussi pénible".
Il est vrai que Poey d'Avant s'était lancé dans une œuvre magistrale avec plus de 1.000 pages et 163 planches. Sans le soutien logistique de Rollin il n'aurait pu publier une telle œuvre.
Cette publication marquait la politique nouvelle des professionnels qui avaient réalisé que leur commerce ne pouvait se développer sans que les collectionneurs, parfois éloignés des centres de recherche, ne disposant pas de grande bibliothèque à proximité, ne puissent disposer d'ouvrages de la meilleure qualité inventoriant tous les types monétaires d'une certaine période.
Dans notre introduction de la nouvelle édition de la Description des monnaies de l'Empire romain d'Henry Cohen, nous avons eu l'occasion d'insister sur le rôle moteur des marchands professionnels de monnaies, qui, durant tout le dix-neuvième siècle, assurèrent la promotion des études numismatiques en publiant et en aidant financièrement les recherches et l'impression des grands corpus fondateurs de la numismatique française. Dès 1859, Rollin et Feuardent étaient devenus les éditeurs de la Revue Numismatique et le restèrent jusqu'en 1936. Les divers marchands de la place de Paris publiaient des revues ou bulletins qui contribuaient à l'expansion de la discipline. Ce fut le cas de Rollin, de Feuardent, de Serrure, de Florange, de Ciani qui donnèrent ouvrages, Bulletin de numismatique, Gazette numismatique, etc.
Les nombreux travaux d'Henry Cohen ont été publiés par Rollin et Feuardent, qui assurèrent la sortie de la description des monnaies de la République puis celle des deux éditions de la Description des monnaies de l'Empire romain.
Cette aide à la publication permit aux chercheurs du monde entier de disposer d'ouvrages du meilleur niveau analysant toute la matière disponible à un moment donné, relançant ainsi la recherche en mettant entre toutes les mains, une masse énorme de documentation, fruit d'années de synthèses érudites.
Sans ces quelques marchands, la numismatique française n'aurait pas connu la croissance qui fut la sienne au dix-neuvième siècle, d'autant que leurs collègues numismates fonctionnarisés se montrèrent avares en catalogues et corpus.
Caron ne put éluder la question qu'il avait abordée dans la publication de sa réponse au compte-rendu de la Revue numismatique. Il insista sur le rôle de ce travail: "Presque toutes les critiques, Poey d'Avant les avait entrevues et discutées d'avance dans sa préface; mais elles n'ont pas moins été reproduites très sévèrement lors de la publication de son livre et l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettes ne lui a même pas décerné la mention honorable qu'elle avait accordée à son catalogue. Que de mal n'a-t-on pas dit de cet ouvrage ? Et cependant il est dans toutes les mains".
Ces questions de plan à nouveau déjà soulevées dans la description, ne dissimulent, que des querelles de préséances. Poey d'Avant avait refusé un ordre qui eut davantage séduit Adrien de Longpérier. Ce dernier l'avait regretté dans son compte-rendu de la Description des monnaies... composant la collection de M. F. Poey d'Avant. Anatole de Barthélémy avait renchéri dans la Revue numismatique, s'attirant les foudres de Caron. Poey d'Avant avait persisté dans ses Monnaies féodales de France. La Revue numismatique de 1853 avait au moins ouvert un débat, Émile Caron répondant aux accusations d'Adrien de Longpérier et d'Anatole de Barthélémy. Celle de 1858 ne signala pas le premier tome des Monnaies féodales de France, préliminaire de ce qui allait devenir la base de toutes les recherches numismatiques. Elle fit de même avec le second tome de 1860, et de même avec le dernier tome de 1862. On peut s'interroger sur les causes d'une telle cécité intellectuelle et scientifique de la part de ceux qui auraient dû, en toute intelligence, saluer l'œuvre de leur collègue.
La nécrologie de Faustin Poey d'Avant, publiée dans la Revue numismatique de 1864 (p. 332), fut particulièrement brève et réduite, à la limite de la décence. On rappela ses quelques publications dans la Revue numismatique, et on mentionna sa Description des monnaies seigneuriales françaises composant la collection de M. Poey d'Avant comme étant son meilleur travail, ce qui en dit long sur l'estime que la direction de la Revue numismatique, portait à ses Monnaies féodales. Au même moment la Revue belge de numismatique, donnait en 1859 (pages 154-156) et en 1862 (pages 150-156) une analyse du travail de Poey d'Avant.
On peut logiquement se demander d'où venait tant de ressentiment à l'égard de Poey d'Avant. En 1856, Adrien de Longpérier était devenu directeur de la Revue numismatique. Il le resta jusqu'en 1877: un peu de pouvoir aux mains d'un vaniteux blessé facilite la rancune des esprits faibles.
Seul, le Bulletin numismatique (1864, p. 196), annonçait que Poey d'Avant avait l'intention de donner un supplément à ses Monnaies Féodales. H. Hoffmann terminait en écrivant: "on nous assure que ce travail sera cependant publié d'ici à peu de temps".
Cette attitude discriminatoire, nous l'avons retrouvée aussi à l'encontre de la publication de l'œuvre de Cohen (voir Cohen, H., Description des monnaies frappées sous l'Empire romain communément appelée médailles impériales, avec mise à jour de G. Depeyrot, Paris, 1995), mais aussi dans le Manuel de numismatique française (Blanchet, A., Dieudonné, A., 1936, Manuel de numismatique française, 4, Monnaies féodales françaises (A. Dieudonné), Paris) qui mentionnait le moins possible le travail d'Engel et Serrure (Engel, A., Serrure, R., 1897-1899, Traité de numismatique moderne et contemporaine, Paris).
Si l'œuvre en tant que telle avait été critiquée parfois à juste raison (comme sur le classement des émissions seigneuriales de l'époque moderne), il convient de cerner l'importance du travail de Poey d'Avant à la lumière des travaux qui firent suite.
Dès 1869, Adrien De Longpérier dans un long article publié dans la Revue numismatique ouvrit à nouveau la question du classement des émissions monétaires des Dombes. L'article fut une furieuse critique du travail de Poey d'Avant.
La guerre de 1870, la Commune et les troubles qui suivirent ralentirent l'ensemble des travaux numismatiques. La publication de la Revue numismatique fut suspendue une première fois en 1870, puis en 1877 (après l'impression de quelques fascicules entre 1874 et 1877). Elle ne reparut qu'en 1883. L'époque n'était guère propice aux ouvrages. En 1878 cependant, H. Hoffmann publia son livre Les monnaies royales de France, ouvrant la voie aux autres nouvelles publications comme celles de Engel, Serrure, Lehr, Blanchet, Schlumberger, etc.
La publication du Boudeau marque le terme de cette vague de recherche (Boudeau, E., 1913, Monnaies françaises provinciales, Paris). Dès sa sortie Boudeau fut accusé d'avoir plagié les travaux de Serrure et de Feuardent. Une procédure s'en suivit mit en évidence la culpabilité de Boudeau. Le début de la première guerre mondiale balaya toutes ces affaires qui sombrèrent dans l'oubli. Les recherches d'après guerre se tournèrent principalement vers la numismatique royale et il faut attendre les années 60 pour voir renaître la numismatique féodale dans les publications scientifiques.
Ainsi, le travail de Poey d'Avant structura les recherches de la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Par son ampleur, il apparut comme un ouvrage inévitable et la base des travaux ultérieurs. Certes, cet ouvrage présentait dès sa publication de nombreuses erreurs ou lacunes, mais aucun des détracteurs et des auteurs suivants ne purent (ou ne voulurent) reprendre un tel sujet: il aurait fallu non pas compléter le travail, mais le refondre complètement.
Son unicité en fit jusqu'à ce jour un travail indispensable. C'est à ce titre qu'il fut souvent republié. Il le sera sans doute jusqu'à ce que de nouvelles publications prenant en considération l'ensemble des monnayages féodaux soient disponibles.
Nous avons insisté sur l'importante documentation réunie par Poey d'Avant. Il convient d'insister sur les conditions du développement de la recherche numismatique à l'époque où il écrivait. Pour décrire l'arrière plan intellectuel de Poey d'Avant, nous avons estimé qu'il convenait de reprendre les listes des publications des trésors de même que les effectifs des sociétés numismatiques. Il nous est impossible de cerner avec une quelconque efficacité le développement des collections monétaires. Les effectifs des sociétés numismatiques nationales soulignent le développement de cette activité au moins jusque dans les années 1880 où semble se dessiner un important tassement. Quoi qu'il en soit la période du milieu du dix-neuvième siècle semble avoir été marquée par un important développement des sociétés numismatiques (F. De Callataÿ, 1994, "L'évolution démographique de quelques grandes sociétés de numismatique", Revue belge de numismatique, p. 71-87).
Londres Bruxelles Paris
1850
161
1855
285
1860
109 91
1870
181 131
1880
234 175
1890
288 171
1899
97
S'il est difficile, faute de statistique, de suivre l'évolution numérique des sociétés savantes, nous pouvons nous livrer à quelque étude bibliométrique. A cet effet, les publications de trésors offrent une matière particulièrement intéressante. La publication d'un trésor est un événement ponctuel très facile à cerner chronologiquement: le récent inventaire de Jean Duplessy offre un corpus important et quasi exhaustif permettant toutes les études (Duplessy, J., 1985, Les trésors monétaires médiévaux et modernes découverts en France, Paris).
Nous avons estimé qu'il convenait de comparer les dates de publication des trésors médiévaux et celle des trésors antiques pour détecter d'éventuelles distorsions. Pour cela nous avons utilisé la documentation publiée dans la collection des TAF, ainsi que celle que nous avons publiée pour la région Midi-Pyrénées (TAF: Corpus des trésors monétaires antiques de la France, I: Poitou-Charente et Limousin, Paris, 1982; II: Nord, Pas-de-Calais, Paris, 1983; III: Pays de Loire, Paris, 1984; IV: Haute-Normandie, Paris, 1985; V/1: Rhône-Alpes, Paris, 1987; V/2: Rhône-Alpes, Paris, 1988; G. Depeyrot, Les monnaies antiques des départements des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, du Tarn-et-Garonne et du Lot, Toulouse, 1985).
Période de publication trésors médiévaux et % du total trésors antiques et % du total
XVIe
siècle
2
XVIIe
siècle
5
XVIIIe
siècle
14 2 %
1780-1799
1 7 1
1800-1819
1 31 4
1820-1839 25 6
% 75 9
1840-1859 78
19 150 18
1860-1879 69
17 162 20
1880-1899 89
22 117 14
1900-1919 43
11 76 9
1920-1939 36
9 52 6
1940-1959 25
6 32 4
1960-1979 31
8 91 11
1980-1985 10
3 33 4
Total 408 100
% 847 100 %

Les pourcentages et le graphique font apparaître une très nette augmentation des publications de trésors médiévaux dans les années 1840-1899. La publication du Poey d'Avant s'est donc située au moment où les recherches se développaient et ou les méthodes avaient atteint un parfait niveau de qualité. La méthode de publication des trésors n'a que peu varié en elle-même (pesée des monnaies, lecture des légendes). En réalité, il semble que les progrès techniques réalisés ces dernières années (balances électroniques, développement de l'offset, etc.), n'aient pas eu pour conséquence de faciliter la publication des trésors.
Poey d'Avant bénéficiait donc d'une documentation assez sensiblement équivalente à la nôtre, puisque le nombre des trésors publiés n'augmenta pas, mais décrut peu après la publication de son ouvrage. C'est ce qui explique largement l'importance de l'œuvre de Poey d'Avant. Malgré le siècle et demi qui nous en sépare, la masse de monnaies que nous connaissons n'a pas augmenté spectaculairement. Seules des variétés ou des espèces ponctuellement découvertes ont permis de mieux comprendre la chronologie des émissions. De même le réexamen des anciennes découvertes, la prise en compte des documents d'archives, lorsqu'ils existent, éclairent d'une nouvelle façon des phénomènes notés mais parfois incompris ou même ignorés au dix-neuvième siècle.
Il apparaît clairement que les publications de monnaies antiques et médiévales répondaient à des tendances indépendantes des recherches finalisées. Nous ne relevons aucune relation entre les publications d'ouvrages ou de corpus et la fréquence des publications de trouvailles. Les publications des Poey d'Avant, Gariel, Cohen, Prou n'ont pas facilité la publication en grand nombre de nouvelles trouvailles. La chute du nombre des publications au vingtième siècle ne peut en aucun cas correspondre à une baisse du nombre des trouvailles de trésors, alors que se multiplièrent les travaux importants tant en ville (reconstructions et développement des villes) qu'à la campagne (généralisation des labours profonds, aménagement des campagnes avec électrification, eau courante, remembrement). La baisse de ce nombre dès le début du vingtième siècle, ne peut qu'être mise en relation avec plusieurs autres phénomènes, tels que la baisse du rôle des sociétés savantes. La baisse du nombre des publications traduit la disparition d'attitudes culturelles, au sein desquelles figurait une certaine culture historique, la connaissance du latin, conditions favorisant l'aptitude à la lecture des monnaies et l'intérêt pour ces sortes de vestiges. Nous pouvons, d'autre part, remarquer que le nombre de publications n'a presque pas augmenté dans l'après-guerre, alors que se développaient l'archéologie et les publications archéologiques, régionales ou locales. Bien au contraire, la numismatique n'a pas profité de cet essor de ces nouvelles disciplines pour sortir de ce ghetto.
Si Poey d'Avant n'a pas été démodé par une augmentation très importante des publications de monnaies et de trésors, il convenait aussi de vérifier si sa documentation n'a pas été biaisée par d'autres phénomènes que celui de la simple variation quantitative des publications. Nous avons donc cherché à vérifier si les publications des trésors n'ont pas subtilement introduit un vice qui aurait rendu hétérogène la documentation de base de Poey d'Avant.
Nous avons cherché à vérifier si les trésors médiévaux inventoriés par Jean Duplessy étaient d'une qualité homogène, c'est-à -dire si la qualité des publications des trésors restait la même sans varier en fonction de la date de publication ou en fonction de la date d'enfouissement de la trouvaille. Les 427 trésors médiévaux étudiés ont été notés sur une échelle de 1 à 8:
1: aucune information (trésor ?),
2: information de type littéraire (un millier de monnaies, quelques centaines, etc.),
3: description uniquement des principaux types,
4: description de quelques échantillons des monnaies,
5: description de moins de 25 % des monnaies du trésor,
6: description de plus de 25 % des monnaies du trésor,
7: description de plus de 50 % des monnaies du trésor,
8: description de plus de 75 % des monnaies du trésor. La part des monnaies décrites étant appréciée par rapport au nombre total estimé de la trouvaille. Nous pouvons considérer que seuls les trésors des classes 7 et 8 sont des trouvailles scientifiquement décrites. Sur les 427 trésors recensés par J. Duplessy, 235 appartiennent aux classes 6 et supérieures, 205 aux classes 7 et supérieure, et seulement 157 à la classe 8. Ainsi, un trésor sur deux a été correctement et presque complètement décrit. Des autres, nous ne disposons que de quelques informations.
Il convenait de découvrir les corrélations permettant d'infirmer ou de confirmer une augmentation ou une baisse de la qualité des publications en fonction de la date de publication ou en fonction de l'époque du trésor. La ventilation chronologique des trésors en consignant le degré de qualité de la publication ne met aucune variation chronologique significative. En gros, la part des monnaies décrites de façon précise dans chaque trésor n'augmente pas de façon très nette depuis 1840.
Date de publication nbre de publications nbre de pub.>classe 7 et %
1800-1819
1 0
1820-1839
25 7 28 %
1840-1859
78 34 43
1860-1879
69 41 60
1880-1899
89 40 45
1900-1919
43 21 48
1920-1939
36 14 40
1940-1959
25 19 76
1960-1979
31 15 48
1980-1985
10 7 70
Il ne semble donc pas qu'il y ait de relation entre la date de publication des trésors et la qualité des publications. Examinons ces mêmes données en fonction de la date d'enfouissement des trésors.
Date de publication nbre de publications nbre de pub.>classe 7 et %
Avant
900
70 51 73 %
900-1000
36 22 61
1000-1100
38 17 45
1100-1200
150 68 45
1200-1250
111 47 42.
Ainsi, les trésors les plus anciens, furent généralement bien publiés, alors que les trouvailles des onzième et douzième siècles furent négligées. Il est vrai que les trouvailles des neuvième et dixième siècles contiennent généralement moins de monnaies et sont souvent plus spectaculaires que les grands trésors de monnaies plus ou moins immobilisées des douzième et treizième siècles.

Ainsi, les trésors les plus anciens retinrent davantage l'attention que les trouvailles récentes, contenant souvent des monnaies immobilisées ou plus courantes. Cette simple constatation permet de mieux comprendre que les compléments les plus nombreux au catalogue de Poey d'Avant aient concerné des émissions des douzième et treizième siècles.
Une réédition de l'ouvrage de Faustin Poey d'Avant, Monnaies féodales de France, publié en 1858-1862 ne saurait être considérée comme la mise sur le marché d'un travail de recherche parfaitement fiable tant au point de vue de la chronologie que de la typologie.
L'importance des notes bibliographiques suffit à montrer de façon claire que les travaux nouveaux ont fondamentalement renouvelé les classifications et les datations des émissions monétaires. C'est le cas, en particulier, de l'ensemble des émissions de la fin du Moyen Age et du début de l'époque moderne, ainsi que de nombre de frappe de l'époque médiévale.
Cependant, Poey d'Avant reste, pour certaines émissions, le point de référence obligé, même si de nombreux ateliers ont bénéficié de nouveaux classements (Avignon, Marche d'Espagne, Montbéliard, Besançon, etc.).
Tant que les collections nationales resteront inédites, tant que les corpus des ateliers n'ont pas été revus et refaits, le Poey d'Avant restera le point de passage obligatoire de la numismatique féodale. C'est dans cette optique que cette édition complétée peut être d'une certaine aide, en attendant les publications scientifiques que nous attendons tous.
Aucun chercheur n'a lancé une réfection complète de l'œuvre de Poey d'Avant. Dès lors, cette édition complétée sera suivie par d'autres tirages. Nous serons reconnaissants à tous les véritables chercheurs qui nous signalerons les compléments, ajouts et corrections que nous incorporerons ultérieurement.
Pour cette étude, comme pour la partie antérieure, nous avons pris pour base l'inventaire des trésors réalisé par Jean Duplessy. Il nous permettra de mieux cerner l'évolution des phénomènes monétaires du neuvième au treizième siècle.
Pour cerner l'importance de la thésaurisation médiévale, nous pouvons examiner le nombre de trésors et celui des monnaies qui y sont conservées.
Nous avons réparti les trésors par quart de siècle en fonction de la date d'enfouissement autant que faire se pouvait. Ceux qu'il était impossible de dater de façon précise, ont été répartis par siècle.
Le nombre des trésors de monnaies d'argent par quart de siècle ou siècle
trésors datés par ¼ de s. trésors datés par s. Total
801-825
0
826-850 34
851-875 12
876-900 21
801-900
3 70
901-925 16
926-950 3
951-975 5
976-1000 5
901-1000
7 36
1001-1025 10
1026-1050 10
1051-1075 6
1076-1100 2
1001-1100
10 38
1101-1125 19
1126-1150 14
1151-1175 22
1176-1200 28
1101-1200
67 150
1201-1225 82
1225-1250 4
1201-1250
25 111
Le nombre de trésors de monnaies d'argent a augmenté de façon extrêmement rapide et massive. Le premier groupe de trésors, celui du neuvième siècle, correspond aux ensembles enfouis en relation avec les invasions et les luttes contre les Vikings. En période de paix, ou du moins de retour au calme, le nombre des enfouissements décrut et se stabilisa durant les dixième et onzième siècles. Par contre, ce nombre fut pratiquement multiplié par 5 durant le douzième siècle et cette progression se poursuivit durant le treizième siècle, autant que les chiffres de la première moitié du treizième siècle le laissent penser. Nous n'avons considéré que les trésors de monnaies d'argent. Ceux de monnaies d'or restent marginaux 4 ensembles pour le douzième siècle, 2 pour la première moitié du treizième siècle.
Il reste possible de mieux cerner la thésaurisation en examinant le nombre de monnaies collectées. Il est évident que la documentation ne peut que nous donner de faibles indications sur les masses de monnaies thésaurisées et même frappées. Cependant nous pouvons penser qu'existent entre le nombre de monnaies frappées et thésaurisées des rapports assez étroits pour permettre de dégager des tendances générales.

Un rapide examen du nombre de monnaies collectées dans les trésors inventoriés montre la parfaite correspondance entre l'augmentation du nombre des trésors et celle du nombre des monnaies découvertes dans ces trésors. Notre base n'est donc pas faussée par quelque grosse trouvaille. Dans le courant du douzième siècle, puis au treizième siècle, la croissance des frappes a eu comme conséquence non seulement la croissance du nombre de trésors mais encore celle du nombre de monnaies impliquées dans la thésaurisation. Nous pouvons en déduire qu'il y avait corrélation entre l'augmentation du nombre de monnaies et celle du nombre des trésors. Il y eut donc une généralisation de la monnaie après 1100, banalisation qui favorisa la constitution de très nombreux trésors qui totalisaient un nombre de plus en plus important de monnaies d'argent. Si nous considérons le nombre de monnaies d'or conservées, nous remarquons 140 monnaies du douzième siècle et 54 monnaies de la première moitié du treizième siècle.
Le nombre de monnaies d'argent par quart de siècle ou siècle
trésors datés par ¼ de s. trésors datés par s. Total
801-825 0
826-850 5.143
851-875 2.070
876-900 10.914
801-900
1.204 19.331
901-925 9.296
926-950 64
951-975 301
976-1000 13.519
901-1000
2.975 26.155
1001-1025 4.642
1026-1050 4.903
1051-1075 609
1076-1100 841
1001-1100
2.993 13.988
1101-1125 9.758
1126-1150 11.433
1151-1175 23.342
1176-1200 18.981
1001-1200
46.833 110.347
1201-1225 56.225
1225-1250 44
1201-1250
14.932 71.201
Cette étude est basée sur les 427 trésors signalés par Duplessy. Le nombre de monnaies n'est connu et utilisable que pour 296 trésors. Ont été comptées les monnaies royales françaises selon la définition de J. Duplessy (dans l'inventaire des trésors) auxquelles ont été rajoutées les quelques rares monnaies immobilisées du type de Louis le Pieux et de Charles le Chauve, ainsi que les pièces du duc Hugues Capet émises à Paris (trésor n° 358). Les monnaies féodales ont été comptées quel que soit le lieu de frappe (France ou ateliers situées actuellement à l'extérieur de la France). Les monnaies considérées comme étrangères sont les monnaies émises par les souverains d'Allemagne (Otton) et les frappes d'Angleterre ou d'Écosse.
Ventilation des monnaies par origine
Période Trésors Total Royales Féodales Étrangères
Av. 800 5
126 126 0 0
801-900 70
13.723 13.717 6
0
901-1000 36 20.267
10.741 9.487 39
1001-1100 37
4.834 927 3.904 2
1101-1200 150 55.953
9.246 46.468 188
1201-1300 113
39.656 306 38.238 1.112
Transformation du tableau en pourcentages.
Période
Royales Féodales Étrangères
Av. 800
100 0 0
801-900
100 0 0
901-1000
53 47 0
1001-1100
19 81 0
1101-1200
16 84 0
1201-1300
1 96 3

Le graphique met clairement en évidence cette disparition de l'importance des monnayages royaux par rapport aux frappes monétaires féodales et locales. Cette diminution intervint essentiellement au cours du dixième siècle, comme le montre très clairement le tableau suivant:
Détail du tableau global pour les années 901-1000
Période Trésors Total Royales Féodales Étrangères
901-924 13
1.497 1.492 5 0
925-950 6 5.419
5.414 5 0
951-975 5
167 7 131 29
976-1000 12 13.184
3.818 9346 10
Transformation du tableau en pourcentages
Période Royales Féodales Étrangères
901-924
100 0 0
925-950
99 1 0
951-975
4 78 17
976-1000
30 70 0
Pour cerner un peu mieux l'évolution des frappes, nous pouvons vérifier les évolutions de la France du Nord et de la France du Sud. La France du Nord regroupe les régions suivantes: Alsace, Basse-Normandie, Bourgogne, Bretagne, Centre, Champagne, Franche-Comté, Haute-Normandie, Lorraine, Nord, Pays-de-Loire, Picardie, Île-de-France.
Ventilation des monnaies par origine (France du Nord)
Période Trésors
Total Royales Féodales Étrangères
Av. 800 5
126 126
0 0
801-900 53
8.891 8.886
5 0
901-1000 25 10.399
3.679 6.702 18
1001-1100 28
4.325 921
3.402 0
1101-1200 77 30.811
9.239 21.495 79
1201-1300 59
23.817 298 22.426
1.101
Si on élimine la région Poitou-Charentes (point sur lequel nous reviendrons), la France dite du sud regrouperait les régions suivantes: Aquitaine, Auvergne, Languedoc-Roussillon, Limousin, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Rhône-Alpes. Nous pouvons dresser le même type de tableau que pour la France du Nord.
Ventilation des monnaies par origine (France du Sud)
Période Trésors Total Royales Féodales Étrangères
Av. 800 0
0
0 0
801-900 13
4.295 4.294
1 0
901-1000 9
4.326 1.536
2.782 21
1001-1100 7
451 6
444 10
1101-1200 61
22.540 0
22.378 109
1201-1300 48
14.476 8
14.449 11
L'élimination de la région Poitou-Charentes s'explique par le poids particulièrement important d'un trésor découvert dans la Vienne (trésor de Marçay avec 5.317 monnaies royales du neuvième siècle) qui "pèse" pratiquement autant que la totalité des monnaies royales du "sud de la France". Nous pouvons comparer la part de chacun des monnayages féodaux et royaux dans les deux zones.
La diminution des monnayages royaux en France
(pourcentage des émissions royales dans les trésors)
Période Total France du
Nord France du Sud Poitou-Charentes
Av. 800 100
100 - 100
801-900 98
99 100 100
901-1000 52
35 35 0
1001-1100 19
22 1 0
1101-1200 16
30 0 0
1201-1300 1
1 0 0
Il apparaît ainsi que la baisse du rôle des émissions royales fut surtout ressentie dans la moitié Sud de la France. Les monnayages féodaux y ont pris le relais des émissions royales déficientes.
La baisse de la part des monnaies royales dans la circulation était-elle le fait d'une baisse de la production de monnaies royales, ou, au contraire d'une augmentation des productions monétaires non-royales ? Nous pouvons tenter de suivre l'évolution des frappes royales en prenant en compte la durée des règnes et les quantités émises:
Périodes considérées:
768-814 Charlemagne.
814-840 Louis-le-Pieux.
840-877 Charles le Chauve, Pépin II d'Aquitaine, Lothaire I empereur, Louis II empereur, Louis le Germanique, roi de Lorraine.
877-887 Charles le Chauve empereur ou Charles le Gros, Louis II, Louis II ou III, Carloman, Charles le Gros.
887-898 Eudes, Louis l'Aveugle, roi de Provence, Bérenger I, roi d'Italie.
898-923 Charles le simple, Louis l'Enfant.
923-936 Raoul.
936-954 Louis IV.
954-986 Lothaire, roi de Bourgogne, Lothaire et Hébert II comte de Troyes.
986-987 Louis V.
987-996 Hugues Capet.
996-1031 Robert II.
1031-1060 Henri I.
1060-1108 Philippe I.
1108-1137 Louis VI.
1137-1180 Louis VII (les monnaies dites de Louis VI-Louis VII ont été portées sous Louis VII).
1180-1223 Philippe II.
Bilan général: la production monétaire royale annuelle
Souverain Nbre de monnaies Durée du règne Nbre m./an.
Charlemagne
62 47 1
Louis-le-Pieux
2.267 27 84
Charles le Chauve
14.049 38 370
Interrègne
983 11 89
Eudes
341 12 28
Charles le Simple
562 26 22
Raoul
91 44 7
Louis IV
78 19 4
Lothaire
1.548 33 47
Louis V
1 2 0,5
Hugues Capet* 0
Robert II
26 36 1
Henri I
158 30 5
Philippe I
337 49 7
Louis VI
2.486 30 83
Louis VII
6.612 44 150
Philippe II**
116 44 3
*: Aucune monnaie d'Hugues Capet après son élection.
**: Les monnaies de Philippe II ne faisaient pas partie de la période considérée.
La baisse de la part des monnaies royales dans la circulation monétaire a donc bien été la conséquence de la chute de la production monétaire. L'augmentation dans les années 1000-1230, si elle fut conséquente, n'arriva pas à inverser la tendance: les monnaies royales bien que plus abondantes ne représentaient guère de chose par rapport aux très abondantes frappes monétaires féodales.
Nous devons nous pencher sur cette période dans son intégralité, compte tenu de la rareté des émissions monétaires royales. Nous avons regroupé les périodes et les règnes suivant les modalités suivantes: 877-887: Charles le Chauve empereur, Charles le Gros, Louis II, Louis II ou III, Carloman, Charles le Gros (983 monnaies étudiées); 887-898: Eudes, Louis l'Aveugle, roi de Provence, Bérenger I, roi d'Italie (341 monnaies étudiées); 898-923: Charles le simple, Louis l'Enfant (562 monnaies étudiées); 923-936: Raoul (91 monnaies étudiées); 936-954: Louis IV (78 monnaies étudiées).
Le nombre des monnaies ne permet pas une analyse complète de la production monétaire.
Ateliers monnaies trésors Ateliers monnaies trésors
Bourges 778
10 Reims 5 3
Melle 265
4 Marsal 4 4
Tours 107
7 Toul 4 2
Orléans 106
5 Troyes 4 1
Mans 100
3 Beaugency 3 2
Limoges 82
3 Chalons/Marne 3 1
Paris 78
5 Corbie 3 1
Angers 73
2 Visé 3 3
Blois 63
6 Château-Landon 2 1
Chalon/Saône 46
2 Dorestadt 2 2
Autun 42
2 Laon 2 1
St-Denis 38
6 Provins 2 1
Nevers 37
6 Vendôme 2 1
Chinon/Tours 34
1 Verdun 2 1
Rouen 32
1 Amiens 1 1
Meaux 23
1 Auxerre 1 1
Divers 23
7 Cologne 1 1
Arras 21
2 Dreux 1 1
Soissons 20
2 Étampes 1 1
Palais 16
3 Lons 1 1
Saintes 11
1 Mâcon 1 1
Metz 10
3 Nogent 1 1
Langres 9
2 Noyon 1 1
Châteaudun 7
5 St-Quentin 1 1
Lyon 7
2 Senlis 1 1
Angoulême 5
1 Toulouse 1 1
Chartres 5
2 Valenciennes 1 1
Les ateliers les plus importants sont ceux de la vallée de la Loire et de la moitié nord de la France. Il est difficile de poursuivre cette étude pour les années qui séparent la mort de Louis IV de la prise de pouvoir d'Henri I, soit de 954 à 1031: le nombre de monnaies recueillies est très faible pour permettre toute analyse quantitative détaillée et fiable.
Le règne d'Henri I se caractérisa par la reprise d'importantes frappes monétaires royales, au tout au moins par la reprise des frappes monétaires conséquentes, après des décennies de frappes insignifiantes. Le renouveau des frappes monétaires fut donc essentiellement le fait de l'atelier de Paris. La tradition des frappes royales dans le nord de la France perdurait. Examinons-en le tableau général:
Ateliers Nbre de monnaies Nbre de trésors
Paris
164 2
Chalon/Saône
1 1
Tournus
2 1
Le quasi demi-siècle du règne de Philippe I représente une importante évolution dans les frappes. Le nombre des ateliers monétaires augmenta de façon très conséquente, même si certains d'entre-eux ne frappèrent qu'en très petites quantités. Ainsi, l'augmentation du nombre des ateliers sous Philippe I n'est jamais qu'un voile de fumée qui dissimule la concentration constante des frappes monétaires dans la région parisienne.
Ateliers Nbre de monnaies Nbre de trésors
Dreux
242 4
Orléans
27 8
Étampes
23 5
Paris
12 2
Château-Landon
4 1
Chalon/Saône
1 1
Pithiviers
1 1
Tournus
2 1
Avec le règne de Louis VI, nous abordons la période où les émissions royales recommencèrent à être réellement conséquentes. L'importance du nombre des monnaies ne doit cependant pas faire illusion. Ces frappes n'étaient, en effet, que bien peu de chose par rapport aux émissions féodales. Dans le cadre même des émissions monétaires royales, le niveau des émissions de Louis VI était tout à fait comparable à celui de Charlemagne, et celui des émissions de Louis VII n'atteignait même pas le niveau des frappes de Charles le Chauve. Nous tenterons de suivre l'évolution des émissions monétaires et des frappes de la même façon que nous l'avions fait pour les frappes antérieures. Aucune modification importante n'apparaît dans les productions monétaires et la ventilation des ateliers. Seule, peut-être, la part des frappes d'Orléans peut révéler une nouvelle évolution, temporaire, certes.
Ateliers Nbre de monnaies Nbre de trésors
Orléans
1.180 9
Dreux
440 5
Étampes
373 7
Pontoise
319 6
Montreuil
269 3
Château-Landon
73 6
Mantes
21 3
Paris
33 3
Bourges
6 4
Les émissions monétaires de Louis VII regroupent peut-être certaines frappes de Louis VI, qu'il reste encore difficile à reconnaître. Avec Louis VII la prédominance parisienne est donc confirmée, du moins au sein des frappes monétaires royales.
Ateliers Nbre de monnaies Nbre de trésors
Paris
5.893 10
Bourges
346 8
Mantes
164 7
Orléans
78 6
Pontoise
92 6
Senlis
27 5
Laon
4 1
Montreuil
6 1
Les émissions monétaires féodales, ne sont que très rarement datables. Alors que les monnaies royales portaient le nom du souverain, les frappes féodales se contentaient de reproduire un type anonyme, qui, de plus, était généralement immobilisé.
Nous avons utilisé une méthode de comptage légèrement différente. Alors qu'il nous était possible de suivre l'évolution du rôle de la monnaie royale d'un règne à un autre, il ne nous est permis, pour les frappes féodales, que de cerner des ordres de grandeurs plus généraux. Nous avons donc sélectionné, pour chaque période de thésaurisation, les trouvailles contenant des monnaies féodales, puis comptabilisé les monnaies féodales par atelier.
Ateliers monnaies trésors Ateliers monnaies trésors
Normandie 6.197
1 Orléans 4 1
Carcassonne 2.350 1
Nogent-le-Roi 3 1
Toulouse 300 1 Rouen
(St-Romain) 3 1
Bourges 177
1 Arles 2 2
Vienne 115
1 Beauvais 2 1
Auxerre 84
1 Cologne 2 1
Chartres 69
2 Poitiers 2 1
Brioude 32
2 Senlis 2 1
Puy 21
1 Verdun 2 1
Lyon 16
2 Beaugency 1 1
Châteaudun 12
2 Dreux 1 1
Paris 12
1 Mans 1 1
Limoges 8
3 Melle 1 1
Provins 8
1 Metz 1 1
Soissons 7
1 Nevers 1 1
Blois 6
2 Sens 1 1
Corbie (St-Pierre) 5
1 Vendôme 1 1
Ce tableau montre la difficulté du commentaire: la plupart des monnaies féodales ne sont contenues que dans un seul et unique trésor (la majeure partie dans celui de Fécamp). Dans ces conditions, il est difficile d'en déduire une importance relative des ateliers monétaires. Nous pouvons toutefois remarquer que les ateliers actuellement les plus représentés étaient les ateliers situés en périphérie des ateliers royaux, tant au nord (Normandie), qu'au sud (Carcassonne, Toulouse, voire Bourges). On peut, enfin dégager un groupe d'ateliers qui ont contribué à la constitution d'au moins 2 trésors: il s'agit des ateliers d'Arles, de Blois, de Brioude, de Chartres, de Châteaudun, de Limoges, et de Lyon.
Nous pouvons donc considérer que la production monétaire féodale est principalement apparue au dixième siècle (deux trésors étaient datables du neuvième siècle sur les quatorze étudiés), certes dans les zones voisines de celles des ateliers monétaires royaux qui présentaient des déficiences, mais aussi et peut-être surtout dans les zones qui étaient extérieures au territoire royal. Il est possible de penser que les frappes féodales anciennes comblèrent la baisse de la production royale de deux façons: soit en prenant la suite de l'atelier royal (par exemple Toulouse ou Bourges) ou d'un atelier voisin, soit en créant un atelier monétaire nouveau dont la production se répandait dans des régions autrefois alimentées par un atelier royal (Carcassonne ou Normandie). Cette dernière tendance permettait aux monnayages féodaux de maintenir une circulation monétaire ou d'atteindre des régions qui avaient échappé à la circulation monétaire royale.
Des monnaies féodales ont été découvertes dans 10 trésors datés des années 1001-1050. Nous avons recensé 1.188 pièces. Cette relative rareté s'explique en majeure partie par la faiblesse des émissions monétaires, et dans une certaine mesure par le fait que les trésors datés par J. Duplessy du onzième siècle ont été affectés à l'année 1100, et seront donc examiné dans le prochain chapitre.
Il semble, comme pour les périodes antérieures, qu'une grande diversité régnait dans les émissions monétaires féodales. La plupart des ateliers, n'émettaient que de très ponctuelles émissions, alors qu'un très petit nombre d'ateliers émettaient de grandes masses de monnaies.
Ateliers monnaies trésors Ateliers monnaies trésors
Melle
369 1 Pavie
4 1
Bourges 309
2 Blois 3 2
Normandie 167
2 Brioude 3 1
Nevers 47
2 Déols 3 1
Langres 46 2
Meaux/Troyes 3 1
Limoges 38
2 Angoulême 2 1
Aquitaine 28
2 Arles 2 1
Auxerre 28
3 Carcassonne 2 1
Mâcon 19 2
Château-Landon 2 1
Chartres 18
2 Metz 2 1
Vienne 16
1 Toulouse 2 1
Bâle 13
1 Tournus 2 1
Verdun 11
2 Amiens 1 1
Chalon/Saône 10 1
Crépy-en-Valois 1 1
Orbe 8
1 Lyon 1 1
St-Aignan 7
1 Provins 1 1
Troyes 7
2 Sens 1 1
Mans 7 2
Soissons(St-Médard) 1 1
Narbonne 5
1 Toul 1 1
Ainsi, près des 3/4 des monnaies étaient émises dans les trois ateliers de Melle, Bourges et de Normandie. Les autres ateliers monétaires, s'ils apportaient une contribution notoire à la circulation monétaire n'apparaissent pas comme ayant joué un rôle considérable. Nous devrions cependant pondérer ces résultats en attirant l'attention sur le faible nombre de trésors monétaires étudiés. Ainsi, le rôle de l'atelier de Melle qui n'est connu que par un seul trésor fut sans doute moindre. Une sorte de vérification peut être entamée en relevant les ateliers qui sont présents dans au moins deux trésors. Là encore les ateliers du nord de la France sont les plus nombreux et ces résultats ne modifient que peu les calculs antérieurs.
Ateliers monnaies trésors Ateliers monnaies trésors
Bourges
309 2 Mâcon
19 2
Normandie 167
2 Chartres 18 2
Nevers 47
2 Verdun 11 2
Langres 46
2 Mans 7 2
Aquitaine 28
2 Troyes 7 2
Limoges 38
2 Blois 3 2
Auxerre 28 3
Les trésors datés de la seconde moitié du onzième siècle (1051-1100), sont encore très rares: douze seulement, rassemblant 2.650 monnaies, soit, en somme, le double du nombre des monnaies étudiées pour les années antérieures.
Ateliers monnaies trésors Ateliers monnaies trésors
Beauvais 1.700
1 Orléans 25 1
Mans 219
1 Besalu 23 1
Limoges 196 1
Provins/Sens 21 1
Anjou 164
3 Roussillon 8 1
Soissons(St-Médard) 108 1
Bretagne 2 1
Troyes 54
1 Périgord 1 1
Meaux/Troyes 39 1
Crépy/Troyes 1 1
Chartres 29
1 Normandie 1 1
Melle 28 2
St-Martin-de-T. 1 1
Comme pour les émissions monétaires du début de siècle, nous retrouvons la prédominance des ateliers nordiques, avec toutefois l'importance de l'atelier monétaire de Limoges, qui apparaît ici pour la première fois. L'étude de la fréquence des ateliers dans les trésors n'apporte ici que peu d'informations, tant le nombre des trésors est faible.
Le douzième siècle fut une période de transformations importantes et l'amorce du véritable mouvement de développement de la monnaie dans l'économie féodale. Le nombre de trésors et de monnaies étudiées augmente très sensiblement. Les 20 trésors livrèrent 9.158 monnaies féodales, chiffre en augmentation qui montre la banalisation de l'utilisation de la monnaie.
Ateliers monnaies trésors Ateliers monnaies trésors
Aquitaine 2.359
5 Gien 9 1
Limoges (St-Martial) 1.960
1 Langres 9 1
Châteaudun 909
3 Nevers 5 2
Blois 646
1 Turenne 4 1
Puy 540
3 Bretagne 3 2
Anjou 474
5 Tournai 3 1
Chartres 501
7 Tournai 3 1
Limoges 495
3 Cahors 2 1
Provins 473
3 Castille 2 1
Verdun 390
1 Souvigny 2 1
Meaux 329
1 Albi 1 1
Troyes 232
4 Auxerre 1 1
Tours (St-Martin) 211
2 Clermont 1 1
Angoulême 164
2 Corbie 1 1
Melle 95
3 Dreux 1 1
Normandie 40
3 Issoudun 1 1
Angleterre 25
1 Liège 1 1
Orléans 25
1 Nogent 1 1
Amiens 21
3 Penthièvre 1 1
Mans 21
2 St-Pol 1 1
St-Aignan 12
1 Vendôme 1 1
Parmi les ateliers les plus importants figurent désormais quelques ateliers du sud de la France, comme l'atelier à l'Aquitania (sans doute Bordeaux), puis Limoges, qui fournit plus du quart des émissions avec ses deux ateliers monétaires. Ainsi, plus de la moitié des émissions furent émises dans les ateliers méridionaux (Limoges, Aquitania, Le Puy).
Notre enquête porte ici sur 73 trésors rassemblant 32.652 monnaies féodales utilisables pour les calculs. Nous pouvons dresser le même tableau que pour les autres époques. L'émergence d'ateliers monétaires importants dans le sud de la France se confirme et s'amplifie. Le nombre de monnaies découvertes, de trésors inventoriés augmentent, preuves de la banalisation de la monnaie au douzième siècle. De nouveaux gros centres de production de monnaies prennent leur essor, tels qu'Angoulême, Limoges, Lyon, Melgueil, et, dans la mesure où ses productions se diffusèrent vers le sud de la France, Le Puy. La multiplication des ateliers monétaires est aussi un gage de l'importance nouvelle de la monnaie, bien que de très nombreux ateliers n'aient que très peu émis.
L'étude de la diffusion des productions des ateliers permet de renforcer cette analyse. Contrairement aux périodes antérieures, certaines émissions sont présentes dans plus de 10 trésors sur les 73 étudiés. Un grand nombre d'ateliers ont contribué à la constitution de multiples trésors. Parmi ces derniers, figurent de nombreux ateliers du sud de la France.
Ateliers monnaies trésors Ateliers monnaies trésors
Angoulême 3.041
10 Neufchâteau 12 3
Puy 2.404
8 Remiremont 12 3
Auxerre 1.878
5 Marche 10 1
Déols 1.877
9 Ponthieu 10 1
Issoudun 1.876
4 St-Pol 10 2
Souvigny 1.766
7 Celles 8 1
Melle 1.702
15 Clermont 8 2
Melgueil 1.662
5 Vendôme 8 1
Limoges (St-Martial) 1.570 5
Bourgogne 7 4
Lyon 1.542
5 Châteaudun 7 3
Poitou 1.344
3 Romorentin 7 3
Metz 1.250
6 Toulouse 7 1
Vierzon 1.056
2 Amiens 5 2
Meaux 851
3 Boulogne 4 1
Troyes 521
2 Sarrebourg 4 2
Béarn 505
1 Soissons 4 2
St-Aignan 504
2 Valence 4 2
Anjou 458
7 Aire 3 1
Provins 444 5
Crépy-en-Valois 3 1
Artois 366
2 Navarre 3 1
Limoges 295
4 Périgord 3 2
Gien 237 9
Soissons (St-Médard) 3 2
Tours (St-Martin) 226
7 Vienne 3 3
Sancerre 218
5 Béthune 2 1
Mans 161
4 Erfurt 2 1
Penthièvre 153
5 Lens 2 1
Verdun 152
1 Reims 2 2
Turenne 147
3 Bergues 1 1
Chartres 134
4 Béziers 1 1
Besançon 125
1 Cambrai 1 1
Barcelone 107
2 Carcassonne 1 1
Cahors 100
6 Champagne 1 1
Blois 84
1 Cluny 1 1
Nevers 83
5 Corbie 1 1
Tonnerre 75
4 Douai 1 1
Bourbon 72
4 Guingamp 1 1
Bretagne 70
3 Laon 1 1
Langres 66
2 Magdebourg 1 1
Épinal 44
3 Noyon 1 1
Toul 39
4 Pierrefonds 1 1
Rodez 32
3 Savoie 1 1
Lucques 26
1 St-Quentin 1 1
Lorraine 23
4 St-Venant 1 1
St-Omer 22
2 Tournais 1 1
Quedlinbourg 19
1 Tournus 1 1
Aquitaine 18
9 Trèves 1 1
Ypres 16
2 Valenciennes 1 1
Angleterre 12 1
Les 70 trésors qui nous intéressent pour cette période rassemblaient 41.949 monnaies utilisables pour nos études, ce qui confirme l'importante croissance des émissions monétaires féodales.
L'examen des productions monétaires met clairement en évidence "l'explosion" du nombre des ateliers monétaires. Les trésors sont de plus en plus souvent constitués de plusieurs types monétaires, preuve d'une importante circulation monétaire. Les ateliers les plus importants, sont répartis sur l'ensemble du territoire français, mais quelques monnayages deviennent multirégionaux (Tours par exemple).
Ateliers monnaies trésors Ateliers monnaies trésors
Penthièvre 6.578
17 Puy 18 2
Beauvais 3.889
1 Soissons 16 3
Anjou 3.358 19
Châteaumeillant 15 1
Vienne 1.790
5 Meaux/Troyes 15 1
Châteaudun 1.608
6 Épinal 11 3
Gien 1.258
16 Celles 8 2
Mans 1.232
15 Sarrebourg 8 2
Sancerre 1.203
4 Provins 7 2
Poitou 1.152
5 St-Aignan 7 2
Angleterre 1.139
12 Vierzon 7 2
Cahors 1.138
4 Bordeaux 6 2
Valence 1.135
2 Viviers 6 3
Nevers 1.074
11 Arles 5 2
Metz 1.005
4 Chartres 5 4
Rodez 951
2 Trèves 5 1
Déols 886
13 Bourbon 4 3
Melgueil 676
5 Lausanne 4 1
Genève 658
2 Reims 4 4
Vendôme 608
7 Savoie 4 1
Limoges (St-Martial) 564
4 Tournus 4 1
Aquitaine 549
5 Lyon 3 2
Marche 448
9 Melle 3 1
Tours (St-Martin) 392
21 Troyes 3 2
Angoulême 384 10
Château-Landon 2 1
Toul 314
3 Lorraine 2 2
Carcassonne 225
2 Meaux 2 2
Neufchâteau 202
3 Périgord 2 2
Albi 197
1 Valence/Die 2 1
Barcelone 184
2 Besançon 1 1
Turenne 167
4 Cluny 1 1
Remiremont 135
2 Crémone 1 1
Orange 132
3 Dreux 1 1
Toulouse 115
3 Langres 1 1
Bretagne 78
9 Mâcon 1 1
Clermont 66
4 Montluçon 1 1
Tonnerre 54
12 Normandie 1 1
Provence 35
4 Provins/Sens 1 1
St-Dié 30
1 Romorantin 1 1
Bourgogne 27 4 Soissons
(St-Médard) 1 1
Issoudun 22
4 Vermandois 1 1
Les monnaies d'or restent très rares dans la France d'époque médiévale. La liste des trésors est très courte. Ils se regroupent toutefois dans les mêmes zones chronologiques (nous ne tenons pas compte de la trouvaille de Courcy-aux-Loges, dont la description est trop aléatoire):
- Anneron (Drôme), 1125-1130: 60 monnaies d'or (3 examinées, émises à Alexandrie, Grenade, au Maroc).
- Aurillac (Cantal), 1150: 49 monnaies almoravides et post-almoravides d'Espagne et d'Afrique du Nord.
- Meslay-le-Vidame (Eure-et-Loir), 1180-1184: 12 monnaies de Séville, Alméria, Fez, Murcie et de Tolède.
- Rédené (Finistère), 1202-1213: 50 monnaies arabes.
- Nantes (Loire-Atlantique), douzième et treizième siècles: "des" monnaies d'or arabes.
Les monnaies d'or, frappées dans les ateliers du sud de l'Espagne ou en Afrique du Nord ne pénétrèrent guère en France avant le début du douzième siècle. Le décalage chronologique entre les mentions de paiement en or en Catalogne, telles que les a relevées P. Bonnassie, et les découvertes monétaires en France mettent en évidence le "retard" de la France en matière d'utilisation de l'or. On peut donc penser que les monnaies d'or découvertes en France n'ont pu y pénétrer qu'au moment où la circulation monétaire s'était généralisée et qu'elle n'eut pas un effet moteur. La circulation de l'or apparaît comme une conséquence du renouveau de la circulation de l'argent et non l'inverse.
La première, proche des études effectuées sous l'Ancien Régime ou de l'école royaliste, considère les féodaux comme un des obstacles au centralisme royal qui lui-même est une des étapes du développement de la France.
La seconde est issue des approches marxiennes, puis marxistes, du dix-neuvième siècle. L'objet d'étude retenu est alors les modes de production et les rapports entre la superstructure et l'infrastructure rurale. C'est l'étude du féodalisme.
La troisième est celle des historiens issus du positivisme du dix-neuvième siècle qui insistaient sur les aspects politiques et structurels des systèmes royaux et féodaux. Le système féodal est alors principalement étudié sous ses aspects institutionnels. C'est l'étude de la féodalité.
Les émissions monétaires féodales n'ont retenu l'intérêt d'aucun des tenants des trois écoles. Curieusement, la majeure partie des historiens ont considéré que la monnaie ne représentait pas un élément central ni du féodalisme, ni de la féodalité.
Marx n'a pas consacré un très grand nombre de pages à la monnaie. Dans son œuvre, la question monétaire est le plus souvent liée à la question de la plus-value et n'occupe qu'une part secondaire dans le cadre du processus de formation de la plus-value. Le numéraire ne présente d'intérêt qu'à partir du moment où le processus d'accumulation du capital lui laisse jouer un rôle, bien que le jeu de la plus-value s'accorde d'un numéraire quasi-inexistant. Dans le livre IV du capital (Théories sur la plus-value), Marx examina les divers écrits des économistes mais limita principalement ses analyses aux auteurs de la fin du dix-huitième siècle. Il évita donc l'ensemble des écrits monétaires des siècles plus anciens, en particulier le débat des nominalistes ou des monétaristes des treizième au quinzième siècles.
Le numéraire ancien n'est envisagé que de façon ponctuelle. Dans certains passages, Marx se livra à quelques considérations sur le numéraire aux époques antique ou médiévale, mais ne conféra à ces systèmes monétaires qu'un rôle très marginal.
"Aux premiers âges de la circulation marchande notamment, seul l'excédent des valeurs d'usage se transforme en monnaie" (Marx, Le capital, 1, p. 147).
Ce rôle marginal est lié au besoin de numéraire dans les périodes anciennes, lorsque, faute d'abondance, le commerce nécessitait une accumulation temporaire de numéraire pour être en mesure de solder les dettes (lors des moissons par exemple).
"Le développement de la monnaie comme moyen de paiement rend nécessaires des accumulations d'argent pour les échéances des sommes dues. Alors que la thésaurisation en tant que forme autonome d'enrichissement, disparaît au fur et à mesure des progrès de la société bourgeoise, elle s'accroît inversement en même temps sous la forme de fonds de réserve de moyens de paiement" (Marx, Le capital, 1, p. 160).
La thésaurisation ne jouait donc de rôle que dans les économies anciennes, lorsque la pénurie de signes monétaires représentait une gêne pour les échanges.
"Quant au procès même de thésaurisation, il appartient à toute production de marchandise et ne joue un rôle comme fin en soi que dans ses formes non développées précapitalistes" (Marx, Le capital, 2/1, p. 78).
L'absence d'un stock monétaire conséquent empêche toute transformation et toute évolution vers les rentes en argent;
"La transformation de la rente-produit en rente-argent se fait d'abord sporadiquement, mais s'étend par la suite à l'échelle nationale... L'échec des tentatives entreprises en ce sens sous l'Empire romain et le retour à la rente en nature en témoignent, après de vains essais de transformer généralement en rente-nature au moins la fraction de rente destinée à l'État sous forme d'impôt" (Marx, Le capital, 3/3, p. 177)
Le rôle minime du numéraire dans les échanges n'avait d'équivalent que le caractère marginal du commerce pendant ces périodes:
"Dans l'économie naturelle proprement dite, les produits agricoles n'entrent pas, ou seule une portion minimale d'entre eux, dans le procès de circulation et il y entre tout au plus une fraction relativement insignifiante de cette partie du produit qui représente le revenu du propriétaire foncier (exemple les nombreux latifundia de l'ancienne Rome, les domaines de Charlemagne et, c'est encore le cas, plus ou moins pendant tout le Moyen Age): dans ces conditions le produit et le surproduit des grands domaines ne comportent pas seulement les produits du travail agricole" (Marx, Le capital, 3/3, p. 168).
Pour ces périodes, Marx reconnaît à la monnaie un rôle indéniable, en particulier pour les Empires romain ou byzantin. Il assignait à la monnaie un rôle de dissolvant des structures économiques et donc sociales, prélude à la constitution du capitalisme (Marx, K., Grundrisse, 1, p. 439). Dès lors, il est amené à conclure au caractère marginal du numéraire dans les époques au moins antérieures au dix-septième siècle puisque les structures économiques et politiques n'ont pas été dégradées par le jeu du numéraire. Le raisonnement était donc parfaitement circulaire.
"Il est évident que l'époque de la dissolution des modes de production antérieurs... est en même temps une époque où, d'une part, la fortune en argent a déjà pris une certaine ampleur et où, d'autre part, elle croît rapidement et prend de l'extension grâce aux mêmes circonstances qui accélèrent cette dissolution. La fortune en argent est elle-même l'un des agents de cette dissolution, de même que cette dissolution est la condition de sa transformation en capital. Mais la simple existence de la fortune en argent et même la conquête d'une certaine suprématie de sa part ne suffisent nullement pour que cette dissolution se produise en aboutissement au capital. Sinon, l'ancienne Rome, Byzance, etc., auraient achevé leur histoire avec le travail libre et le capital, ou plutôt entamé une nouvelle histoire. Car là-bas aussi, la dissolution des anciens rapports de propriété fut liée au développement de la fortune en argent, du commerce, etc. Mais, au lieu de mener à l'industrie, cette dissolution mena en fait à la domination de la campagne sur la ville." (Marx, K., Grundrisse, 1, p. 444).
Cette impossibilité de modifier les structures économiques en raison de la pénurie de numéraire reste aussi celle du moyen âge.
"L'extension du commerce et celle de la manufacture accélérèrent l'accumulation du capital mobile, tandis que, dans les corporations qui ne recevaient aucun stimulant pour accroître leur production, le capital primitif restait stable ou même diminuait... Les rapports commerciaux des nations entre elles prirent deux aspects différents dans la période dont nous avons parlé. Au début, la faible quantité d'or et d'argent en circulation détermina l'interdiction d'exporter ces métaux." (Marx, Engels, L'idéologie allemande, p. 55)
L'absence de circuit d'enrichissement du capital monétaire empêchait donc tout développement du capitalisme commercial.
"L'accumulation d'or et d'argent, de monnaie, est la première apparition historique de la collecte de capital et son premier moyen d'importance; mais, en tant que telle, elle n'est pas encore accumulation de capital. Pour cela, il faudrait que soit posé comme moment et moyen de l'amassement le retour dans la circulation de ce qui a été accumulé." (Marx, K., Grundrisse, 1, p. 173)
Dans une telle analyse, Marx était amené à considérer le seizième siècle comme le tournant qui permettait enfin au capitalisme de se développer. L'irruption de nouvelles masses de métaux permettait au capitalisme commercial de se développer.
"Il n'est pas douteux que les grandes révolutions des seizième et dix-septième siècles que les découvertes géographiques provoquaient dans le commerce et qui entraînaient le développement rapide du capital marchand constituent un facteur essentiel ayant hâté le passage du mode de production féodal au mode de production capitaliste" (Marx, Le capital, 3/1, p. 341).
L'introduction de ce nouveau numéraire entraînait dès lors le développement d'autres formes de circulation monétaire:
"Cette époque est caractérisée par la levée de l'interdiction d'exporter l'or et l'argent, par la naissance du commerce de l'argent, des banques, des dettes d'État, du papier-monnaie, des spéculations sur les fonds et les actions, de l'agiotage sur tous les articles, du développement du système monétaire en général. Le capital perdit à son tour une grande partie du caractère naturel qui lui était encore inhérent" (Marx, Engels, L'idéologie allemande, p. 57)
La dissolution des structures économiques antérieures est liée à la brutalité de l'arrivée des stocks précieux, qui, une fois que les trésors américains se furent déversés en Europe n'ont pas pu augmenter de façon très importante.
"Il va de soi que, plus est avancé l'âge de la production capitaliste, plus est grande la masse de numéraire accumulée de toutes parts et plus est faible la proportion que la production nouvelle d'or ajoute tous les ans à cette masse, bien que ce supplément puisse être important en valeur absolue" (Marx, Le capital, 2/2, p. 120).
La contradiction entre les structures économiques traditionnelles et figées issues des siècles antérieurs et les évolutions générées par l'arrivée brutale, massive et rapide des nouveaux métaux monétaires offrait des possibilités de spéculation permettant la constitution de nouvelles fortunes qui n'étaient pas issues de la propriété foncière.
"Au seizième siècle, un élément d'une importance décisive vient s'ajouter à cela. Les contrats de fermage étaient alors de longue durée, les baux étaient souvent de 99 ans. La baisse continue de la valeur des métaux précieux et donc de la monnaie rapporta un véritable pactole aux fermiers. Abstraction faite de tous les facteurs évoqués précédemment, elle fit le salaire, dont une fraction fut ainsi annexée au profit du fermage. La hausse continue des prix du grain, bref de l'ensemble des produits agricoles, faisait grossir le capital-argent du fermier sans qu'il y fût pour rien, tandis que la rente foncière qu'il avait à payer avait été contractée sur la base d'une valeur argent complètement périmée. Il s'enrichit ainsi à chaque fois aux frais de ses ouvriers salariés et aux frais de ses landlords. Rien d'étonnant donc que l'Angleterre possédât à la fin du seizième siècle une classe de "fermiers capitalistes" riches pour l'époque" (Marx, Le capital, 1, p. 835).
"A l'époque du déclin du moyen âge et de la production capitaliste naissante, l'enrichissement rapide des capitalistes industriels peut s'expliquer en partie par cette escroquerie directe envers les landlords (propriétaires fonciers). Lorsque la valeur de l'argent diminua par suite des découvertes en Amérique, les fermiers payèrent aux propriétaires nominalement, mais pas réellement, la rente ancienne, alors que les manufactures leur vendaient des marchandises au-dessus de leur valeur, et non pas seulement à la valeur accrue de l'argent" (Marx, Le capital, 4/1, p 314).
Cette dissolution se manifeste essentiellement par l'émancipation du travail qui se libère du joug féodal.
"La formation primitive du capital s'opère simplement par le fait que la valeur existant sous forme de fortune en argent est mise en mesure par le procès historique de dissolution de l'ancien mode de production d'une part, d'acheter les conditions objectives du travail, d'autre part, d'obtenir en échange, de la part de travailleurs devenus libres et contre de l'argent, le travail vivant lui-même" (Marx, K., Grundrisse, 1, p. 445)
"La structure économique de la société capitaliste est issue de la structure économique de la société féodale. C'est la dissolution de cette dernière qui a libéré ses éléments. Le producteur immédiat, le travailleur, ne pouvait disposer de sa personne qu'une fois qu'il avait cessé d'être attaché à la glèbe et d'être asservi ou inféodé à une autre personne" (Marx, Le capital, 1, p. 805).
Marx n'ignorait pas l'importance de l'usure dans les sociétés précapitalistes.
"Le capital commercial et le capital porteur d'intérêt sont les formes les plus anciennes du capital" (Marx, Le capital, 3/2, p. 268)
Il admit même que le système usuraire avait été particulièrement développé pendant l'Antiquité.
"Le développement du capital usuraire est lié à celui du capital commercial, et spécialement au capital du commerce de l'argent. Dans la Rome antique, à partir des dernières années de la République, alors que la manufacture était bien au-dessous de son degré de développement moyen dans l'antiquité, le capital commercial, le capital du commerce de l'argent et le capital usuraire avaient atteint - dans le cadre de la structure antique - le plus haut développement" (Marx, Le capital, 3/2, p. 253).
Par contre, le rôle de l'usure se limitait exclusivement à quelques prêts, généralement à quelques paysans propriétaires.
"Mais dans les époques qui précèdent le système de production capitaliste, le capital usuraire existe sous deux formes caractéristiques. Je dis bien: formes caractéristiques. Ces mêmes formes se répètent sur la base de la production capitaliste, mais alors en tant que formes purement secondaires. Elles ne déterminent plus alors le caractère du capital productif d'intérêt. Ces deux formes sont: primo, l'usure par prêts d'argent à des seigneurs prodigues, essentiellement à des propriétaires fonciers; secundo, usure par prêts d'argent aux petits producteurs, possédant leurs moyens de travail. Cette catégorie comprend l'artisan, mais surtout, d'une manière spécifique, le paysan, quoique, dans l'ère précapitaliste, dans la mesure où il peut exister des petits producteurs autonomes, c'est la classe paysanne qui doit en fournir la majeure partie" (Marx, Le capital, 3/2, p. 254).
Cette usure ne pouvait se transformer en capital industriel ou même commercial dans la mesure où les rapports de production restaient ceux des modes de production féodaux. L'usure ne pouvait contribuer au développement du capitalisme qu'à condition que les rapports de productions évoluent.
"Le capital-argent constitué grâce à l'usure et au commerce fut entravé dans sa transformation en capital industriel par la constitution féodale dans les campagnes et par la constitution corporative dans les villes. Ces barrières tombèrent avec la dissolution des suites féodales, avec l'expropriation et expulsion partielle de la population rurale. La découverte des contrées aurifères et argentifères d'Amérique, l'extermination et l'asservissement de la population indigène, son ensevelissement dans les mines, les débuts de la conquête et du sac des Indes orientales, la transformation de l'Afrique en garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà de quoi est faite l'aurore de l'ère de la production capitaliste. Ces processus idylliques sont des moments majeurs de l'accumulation initiale" (Marx, Le capital, 1, p. 843).
Par contre, lorsque les rapports de production commencèrent à évoluer, lorsque les usuriers purent commercer à accumuler des propriétés et des richesses issues non plus de l'enrichissement foncier, mais de la spéculation financière, l'usure contribua à la ruine de l'ordre féodal et à l'émergence d'un nouvel ordre économique, en créant un capital commercial.
"L'usurier, non content de s'approprier le surtravail de sa victime, acquiert peu à peu les titres de propriété sur ses moyens de travail eux-mêmes: terre, maison, etc. Ainsi, l'action de l'usurier est, d'une part, un travail de sape et de destruction de la richesse et de la propriété antique et féodale... L'usure centralise des formes monétaires, là où les moyens de production sont éparpillés. Elle ne modifie pas le mode de production, mais s'agrippe à lui en parasite pour toutes ses ventouses et rend la production misérable... Dans tous les systèmes de production précapitaliste, l'usure ne fait œuvre révolutionnaire qu'en détruisant et dissolvant les formes de propriété, qui se reproduisaient sans cesse sous la même forme et sur la base desquelles reposait solidement la structure politique... L'importance historique de l'usure, à l'opposé de la richesse seulement consommatrice, c'est qu'elle est elle-même un procès de constitution du capital. Le capital usuraire et la fortune du commerçant permettent la création d'une richesse monétaire indépendante de la propriété foncière" (Marx, Le capital, 3/2, p. 255-257)
C'est donc à partir des fortunes amassées par les usuriers qui concentraient les fortunes financières et foncières que put se développer le capitalisme commercial.
"Nous avons vu que l'argent peut s'accumuler partiellement par le simple moyen de l'échange d'équivalents; cependant, cela constitue une source tellement insignifiante qu'elle n'est pas digne historiquement d'être mentionnée... C'est bien plutôt la fortune mobilière accumulée par l'usure (en particulier celle qui s'exerce à l'encontre de la propriété foncière) et par les bénéfices marchands, la fortune en argent, qui est transformée en capital au sens propre du terme, c'est à dire en capital industriel." (Marx, K., Grundrisse, 1, p. 442)
"Le capital provient tout d'abord de la circulation, plus précisément de la monnaie qui est son point de départ... L'argent est la première forme sous laquelle le capital apparaît en tant que tel. A-M-M-A: c'est à dire que l'argent est échangé contre de la marchandise, et la marchandise contre de l'argent; ce mouvement de l'achat en vue de la vente, qui constitue la détermination formelle du commerce, le capital en tant que capital commercial se trouve aux stades les plus précoces du développement économique." (Marx, K., Grundrisse, 1, p. 193)
Lorsque le capitalisme commercial et industriel eut entamé son développement, l'usure se transforma en crédit.
"Mais c'est la fonction de l'argent en tant que moyen de paiement qui est le terrain véritable, caractéristique, le grand terrain de l'usure. Toute redevance d'argent à échéances fixes, qu'il s'agisse d'intérêt d'un fonds, de tribut, d'impôt, etc., implique la nécessité de verser de l'argent. C'est pourquoi, depuis les premiers Romains jusqu'aux temps modernes, l'usure sur une grande échelle s'attache aux fonctions des collecteurs d'impôts, fermiers généraux, receveurs généraux. Ensuite, s'opère, à mesure que se développe le commerce et que la production de marchandise se généralise, la séparation dans le temps de l'achat et du paiement. L'argent doit être versé à échéance déterminée. Que cela puisse mener à des situations où le capitaliste financier et l'usurier ne font plus qu'un encore aujourd'hui, les crises monétaires modernes en font la preuve. Mais c'est l'usure elle-même qui devient le moyen principal de développer plus encore la nécessité de l'argent comme moyen de paiement: c'est elle, en effet, qui fait s'endetter de plus en plus le producteur et réduit à néant ses moyens de paiement habituels en rendant impossible, en raison du fardeau des intérêts, son processus de reproduction régulier. Ici l'usure jaillit de l'intérêt en tant que moyen de paiement et élargit cette fonction de l'argent qui est le terrain sur lequel elle prolifère le plus. Le développement du crédit s'effectue par réaction contre l'usure. Mais il ne faut nullement se méprendre sur le sens de cette évolution et interpréter, comme le faisaient les écrivains de l'Antiquité, les pères de l'Église, Luther ou les premiers socialistes. Elle signifie très exactement la subordination du capital productif d'intérêt aux conditions et aux besoins du mode de production capitaliste, et rien de plus" (Marx, Le capital, 3/2, p. 259)
C'est essentiellement de l'exacerbation des conséquences de la dissolution sociale introduite par la monnaie que peut se développer la Révolution. La monnaie a principalement pour effet de ruiner des ordres économiques.
"Dans le développement des forces productives, il arrive un stade où naissent des forces productives et des moyens de circulation qui ne peuvent être que néfastes dans le cadre des rapports existants et ne sont plus des forces productives, mais des forces destructrices (le machinisme et l'argent), et fait lié au précédent, il naît une classe qui supporte toutes les charges de la société, sans jouir de ses avantages, qui est expulsée de la société et se trouve, de force, dans l'opposition la plus ouverte à toutes les autres classes, une classe que forme la majorité des membres de la société et d'où surgit la conscience de la nécessité d'une révolution radicale" (Marx, Engels, L'idéologie allemande, p 37).
Le numéraire a joué un rôle fondateur dans l'émergence du capitalisme commercial et ultérieurement du capitalisme industriel. Cependant, pour que le capitalisme puisse se développer, il convenait que la monnaie et le numéraire soient disponibles en grandes quantités et qu'il entraîne des modifications des rapports sociaux. Sans cette disponibilité de considérables masses métalliques, il n'y aurait pas eu de développement capitaliste puisque les rapports de production n'auraient pas été affectés par cette arrivée d'argent nouveau.
Le maintien des rapports de productions, en dépit d'une augmentation du rôle du numéraire, est caractéristique des périodes romaine et byzantine (voir supra), comme elle l'a été sous Louis XIV en France, puisque seule une très petite part des productions agricoles était commercialisée.
"A un certain niveau de développement et d'extension de la production marchande, la fonction de moyen de paiement déborde la sphère de la circulation des marchandises. La monnaie devient la marchandise universelle des contrats. De prestations en nature qu'ils étaient, rentes, impôts, etc. se transforment en paiement d'argent. Le double échec que connurent, par exemple dans l'Empire romain, les tentatives de prélever en argent toutes les redevances, démontre combien cette transformation est conditionnée par la figure globale du procès de production. L'effroyable misère du peuple des campagnes françaises sous Louis XIV, que Boisguilbert, le maréchal Vauban, etc. dénoncent si éloquemment, n'est pas seulement imputable à la lourdeur de l'impôt, mais encore à la transformation des impôts en nature en impôts en espèces. Si, d'autre part, la forme en nature de la rente foncière, qui est en même temps, en Asie, l'élément principal de l'impôt d'État, y repose sur des rapports de production qui se reproduisent avec l'immuabilité de réalités naturelles, cette forme de paiement entretient rétroactivement l'ancienne forme de production. Elle est un des secrets de la conservation de l'Empire turc. Quand le commerce extérieur imposé au Japon par l'Europe entraînera la transformation de la rente en nature en rente en argent, c'en sera fait de son agriculture modèle. Ses strictes conditions économiques d'existence se dissoudront" (Marx, Le capital, 1, p. 158-159).
Le capitalisme ne trouve pas sa source dans la propriété foncière. Il la trouve dans les masses considérables de capitaux qui peuvent alors s'employer en achetant les travailleurs démunis de leur outil de travail.
"Comme nous l'avons vu le concept de capital et sa genèse impliquent qu'il a comme point de départ l'argent et, par conséquent, la fortune qui existe sous forme d'argent. Par conséquent, la formation du capital ne part pas de la propriété foncière (tout au plus, en l'espèce, du fermier, dans la mesure où celui-ci est négociant en produits agricoles) ni de la corporation (bien qu'il existe sur ce point une possibilité), mais de la fortune tirée du commerce de l'usure... Ce qui met la fortune en argent en mesure de devenir un capital, c'est, d'une part, le fait qu'on puisse trouver des travailleurs libres; et deuxièmement, qu'on puisse trouver des moyens de subsistance et des matériaux, etc., désormais libres et aliénables, alors que jadis, d'une manière ou d'une autre, ils étaient la propriété des masses à présent démunies de leur objectivité" (Marx, K., Grundrisse, 1, p. 443).
Cette idée est au centre de l'étude de la genèse du capitalisme. Les stocks monétaires introduits dans la circulation ne sont, au fond, que les leviers utilisables par les capitalistes pour enclencher le processus d'accumulation et de développement.
"Quant à la formation primitive d'un trésor monétaire dans un pays et son appropriation par quelques individus, nous n'avons pas besoin d'y insister ici plus longuement. Le mode de production capitaliste, - étant fondé sur le salaire, sur le paiement de l'ouvrier en argent et en général sur la transformation des prestations en nature en prestation en argent, - ne peut se réaliser avec quelque ampleur et quelque profondeur que s'il existe dans le pays une masse d'argent suffisante pour la circulation et pour la constitution d'un trésor (fonds de réserve, etc.), déterminé par cette circulation. Telle est la condition préalable exigée par l'histoire; il ne faut cependant pas s'imaginer qu'il se forme d'abord une masse suffisante d'argent thésaurisé et que la production capitaliste ne commence qu'ensuite. Cette production se développe en même temps que ses conditions, et l'une de ces conditions consiste en un apport suffisant de métaux précieux. C'est pourquoi l'accroissement de cet apport de métaux constitue depuis le seizième siècle un facteur essentiel dans l'histoire du développement de la production capitaliste. Mais quand il s'agit de la nécessité de l'apport continu d'argent dans le cadre de la production capitaliste, on constate que, d'une part, l'on jette dans la circulation de la plus-value sous forme de produits sans qu'il y ait l'argent nécessaire pour la monnayer, et que, d'autre part, l'on y jette de la plus-value sous forme d'or sans que le produit ait été au préalable transformé en argent" (Marx, Le capital, 2/1, p. 319).
Les masses d'argent trouvent alors à s'investir dans l'achat des forces de travail.
"Si l'une des présuppositions du travail salarié est l'une des conditions historiques du capital est l'existence du travail libre et l'échange de ce travail libre contre de l'argent, afin qu'il reproduise et fasse fructifier l'argent, afin qu'il soit consommé par l'argent." (Marx, K., Grundrisse, 1, p. 410).
Le système de Marx excluait donc la monnaie et le numéraire de l'analyse marxienne. En fait, la monnaie disparaissait dès que se développait le capitalisme industriel. Pendant les siècles anciens, le numéraire n'était pas assez abondant pour permettre de développer un mécanisme d'accumulation. Si cette accumulation était possible, et parfois réalisée, elle ne débouchait sur aucune modification économique ou sociale dans la mesure où les modes de productions étaient largement fondés sur une autoconsommation des productions ou sur le versement de rentes en nature aux propriétaires des sols. Lors du développement du processus capitaliste, la monnaie n'était que le voile dissimulant les échanges et cachant la véritable valeur des marchandises. Le numéraire n'était ainsi qu'une forme de la marchandise. Marx était certainement inspiré par la réalité du système monétaire de son époque. Entre ces deux périodes (avant le seizième siècle et les dix-septième et dix-huitième siècles) où le numéraire ne servait pas à grand-chose, Marx situa la grande rupture liée à l'arrivée du métal nouveau des Amériques. Ce fut cette irruption qui permit le développement de l'accumulation du capital commercial, prélude de l'accumulation primitive. Cette masse de numéraire permit le développement du capital usuraire, la dissolution des rapports féodaux traditionnels, la mise sur le marché d'une main d'œuvre nouvelle qui fut employée par les capitalistes auxquels ils vendirent leur force de travail. Chez Marx, les métaux des Amériques jouent le rôle d'un Deus ex machina, dont l'intervention est à la fois unique et déterminante.
Il apparaît donc clairement de cet exposé que le système monétaire et le rôle de la monnaie est une préoccupation extérieure au raisonnement marxien et donc aux féodalistes.
Les historiens de la féodalité ne se penchèrent guère sur le rôle de la monnaie au Moyen Age. La frappe monétaire faisait partie de ces droits que les rois concédaient aux seigneurs dans le cadre général des concessions qu'ils octroyaient ou des pouvoirs que les seigneurs usurpaient. En limitant la question de la frappe de monnaie à la simple question des droits monétaires, la question de la fonction monétaire était éludée.
La poursuite de la réflexion entamée par Marx fut le fait des philosophes marxiens ou des marxistes. Généralement, le rôle monétaire n'en était guère évalué.
La nouvelle interprétation des aspects monétaires de l'œuvre de Marx me semble être principalement le fait de Joseph Schumpeter dans son Capitalisme, socialisme et démocratie, publié en 1942.
Schumpeter a insisté sur le rôle marginal et de la monnaie chez Marx. Il pousse son analyse en observant que si la monnaie ne jouait aucun rôle économique, c'était parce que Marx considérait que les rapports économiques étaient régis non pas par des lois économiques telles qu'elles se développèrent après le seizième siècle, mais par la force militaire qui réglementaient les rapports entre les personnes.
"Or, le caractère historique de toutes les grandes théories de Marx nous offre à tout le moins l'apparence d'une solution. Aux yeux de Marx, il est essentiel, du point de vue de la logique du capitalisme (et non pas seulement en tant que donnée de fait) que le capitalisme soit issu de la féodalité. Bien entendu, les mêmes problèmes concernant les causes et les mécanismes de la stratification sociale se posent également dans ce cas, mais Marx se ralliait en gros à la conception bourgeoise selon laquelle la féodalité aurait été un régime de force sous lequel l'asservissement et l'exploitation des masses étaient déjà des faits accomplis. La théorie de classe, primordialement conçue pour expliquer les conditions de la société capitaliste, fut étendue à son prédécesseur féodal - tout comme une grande partie de l'appareil conceptuel de la théorie économique du capitalisme - et certains des problèmes les plus épineux furent remisés dans le grenier féodal pour réapparaître ultérieurement comme résolus, sous forme de denrées, dans l'analyse du système capitaliste. Dans les cas où les seigneurs féodaux se sont effectivement transformés en industriels, cette évolution à elle seule suffisait à résoudre ce qui restait du problème. Les données historiques prêtent d'ailleurs un certain appui à cette thèse: beaucoup de seigneurs féodaux, notamment en Allemagne, établirent effectivement et dirigèrent des fabriques, en tirant de leurs rentes féodales les ressources financières nécessaires et en faisant travailler la population agricole (constituée parfois, mais non pas nécessairement, par les serfs). Mais, dans tous les cas, les matériaux nécessaires pour faire la soudure sont de qualité nettement inférieure. La seule manière d'exprimer franchement la situation consiste à dire que, du point de vue marxiste, il n'existe pas d'explication satisfaisante, nous voulons dire d'explication ne faisant pas appel à des éléments non-marxistes suggérant des conclusions non-marxistes" (Schumpeter, J., 1990, Capitalisme, socialisme et démocratie, Paris, p. 34).
La monnaie n'intervenait dans le processus marxien que dans son rôle de réserve de valeur, c'est à dire comme lieu de stockage des richesses en attendant un réinvestissement.
"Cependant une thèse apparentée (mais non identique) constitue l'une des forces les plus importantes de la dynamique marxiste, ainsi que le chaînon rattachant la théorie de l'exploitation au thème suivant de la structure analytique de Marx, généralement qualifié de Théorie de l'Accumulation.
Les capitalistes convertissent en capital - en moyens de production - la majeure partie (voire même, selon certaines disciplines de Marx, la quasi-totalité) du butin arraché à la main-d'œuvre exploitée. En soi, et abstraction faite des qualifications impliquées par la phraséologie marxiste, une telle affirmation équivaut, bien entendu, à constater un phénomène bien connu, habituellement désigné par les termes: épargne et investissement. Aux yeux de Marx, cependant, il ne suffisait pas d'indiquer l'existence de ce phénomène: pour que le processus capitaliste se déroulât dans sa rigueur inexorable, le dit phénomène devait s'insérer dans la logique du système, ou, en d'autres termes, devait être pratiquement inévitable" (Schumpeter, J., 1990, Capitalisme, socialisme et démocratie, Paris, p. 50).
Le rôle marginal de la monnaie devint ainsi le centre des deux théories marxienne et non marxienne. Relégué au rôle de symbole des droits régaliens confisqués par les seigneurs, le jeu de la monnaie est effacé par les autres grandes théories économiques du dix-neuvième siècle relatives à la valeur.
Ce long exposé permet de souligner le fait que même si de très nombreuses écoles historiques se sont posé la question de la féodalité ou du féodalisme, la question monétaire resta en dehors des débats et des recherches. Par monnaie féodale, nous entendons autant la production des seigneurs, comme nous l'envisageons ici, que la monnaie des rois, qui au moins jusqu'au quinzième siècle, ressortent du même système politico-social que les féodaux.
Comme les lecteurs le constateront aisément en lisant les quelques pages qui suivent, la bibliographie a été largement ventilée dans les chapitres spécifiques. La majorité des publications ne concernent des frappes spécifiques ou les frappes d'une région. Il est donc facile de les classer dans les paragraphes relatifs à ces régions ou ateliers.
Dans un nombre assez important de cas, nous avons rappelé dans ces divers chapitres les parties des grands ouvrages de synthèses dont la lecture permet de mieux comprendre les émissions locales. Nous ne donnerons donc ici qu'une orientation bibliographique générale en insistant sur les outils bibliographiques qui sont susceptibles de faciliter les recherches et en donnant une liste de publications générales.
Les travaux numismatiques ont donné lieu à plusieurs ouvrages de bibliographie qui présentent nombre de publications. Il est donc indispensable de s'y référer avant toute recherche détaillée:
Engel, A., Serrure, R., 1887, Répertoire des sources imprimées de la numismatique française, I, Paris.
Engel, A., Serrure, R., 1889, Répertoire des sources imprimées de la numismatique française, II, Paris.
Engel, A., Serrure, R., 1889, Répertoire des sources imprimées de la numismatique française, supplément, Paris.
Grierson, Ph., 1977, Les monnaies, Typologie des sources du Moyen Age occidental, Turnhout.
Grierson, Ph. 1979 Bibliographie numismatique, Bruxelles.
Clain-Stefanelli, E. E., 1985, Select Numismatic bibliography, Munich.
Carvalho, G., Kind, J.-Y., 1994, Bibliographie numismatique française, 1970-1994, Loray.
Les revues donnent souvent des informations précieuses. Lors des Journées numismatiques de la SFN sont réalisés des catalogues de collections locales. Ces inventaires présentent d'utiles renseignements. En matière de numismatique féodale française, il convient d'avoir recours à quelques revues francophones.
Bulletin de la société française de numismatique, Paris.
Bulletin du cercle d'études numismatiques, Bruxelles.
Cahiers numismatiques, Paris.
Revue belge de numismatique, Bruxelles.
Revue numismatique, Paris.
A côté de ces ouvrages, il existe plusieurs sources d'informations détaillées.
Numismatic Literature, vol 1, 1947-1949, recense le plus grand nombre de publications numismatiques à travers le monde. C'est le seul périodique de cette nature. Il paraît actuellement en deux livraisons par an, signalant livres, articles, comptes-rendus, etc.
Dictionary Catalogue of the Library of the American Numismatic Society, et ses supplements reproduit le fichier de la bibliothèque de l'A.N.S. qui comprennent livres, catalogues de ventes, mais aussi les dépouillements des revues.
Les congrès internationaux sont souvent l'occasion de signaler quelques découvertes importantes. On peut consulter les actes eux-mêmes des congrès. Enfin à l'occasion des congrès internationaux ont été publiés des synthèses critiques des publications scientifiques. Ces études sont indispensables pour suivre l'évolution de la recherche.
Actes du 8e congrès international de Numismatique, New-York - Washington, septembre 1973, H. A. Cahn, G. Le Rider, Paris, 1976.
Actes du 9e congrès international de Numismatique, Berne, septembre 1979, T. Hackens, R. Weiller, Louvain, 1982.
Actes du 10ème congrès international de numismatique, Londres, septembre 1986, I.A. Carradice, Wetteren, 1989.
Actes du 11ème congrès international de numismatique, Bruxelles, septembre 1991, T. Hackens, G. Moucharte, Wetteren, 1993.
A survey of numismatic research, 1960-1965, Copenhague, 1967.
A survey of numismatic research, 1966-1971, New York, 1973.
A survey of numismatic research, 1972-1977, Berne, 1979.
A survey of numismatic research, 1978-1984, Londres, 1986.
A survey of numismatic research, 1985-1990, Bruxelles, 1991.
Nous donnons ici quelques titres qui couvrent l'ensemble des problèmes étudiés par Poey d'Avant ou du moins une grande partie d'entre eux. J'y ai rajouté quelques publications importantes concernant des ateliers et des régions périphériques.
Belaubre, J., 1987, Administration des monnaies et médailles, Les collections monétaires, Monnaies médiévales, 1, l'époque du denier, Paris.
Belaubre, J., 1988, Administration des monnaies et médailles, Les collections monétaires, Monnaies médiévales, 2, l'ère du gros, Paris.
Belaubre, J., 1986, Histoire numismatique et monétaire de la France médiévale (de la période carolingienne à Charles VIII), Paris.
Berman, A. G., 1991, Papal Coins, New York.
Blancard, L., 1883, Les monnaies des barons et prélats de France d'après l'ordonnance de 1315, Marseille.
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La question de la circulation monétaire à l'époque féodale tourne principalement autour de la question des stocks monétaires et de la reprise des frappes d'or.
Sur le premier point, je renvoie à mon Histoire de la monnaie des origines au 18e siècle, I, Introduction, de l'antiquité au treizième siècle, Wetteren, 1995, qui analyse cette évolution. Nous avons eu l'occasion de présenter ici les principales tendances pour la période ancienne (jusqu'au treizième siècle). Après cette date, la pénurie de métal a entraîné une crise de manque dénommée traditionnellement "famine monétaire du quinzième siècle". Cette dernière sort en partie de notre sujet d'étude dans la mesure où la majorité des émissions féodales étaient suspendues depuis longue date.
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Entre le dixième siècle et la fin du quinzième siècle, période qui couvre en gros la majorité des émissions féodales, s'est élaborée une véritable théorie monétaire et une véritable politique monétaire. A la première s'est attaché le nom d'Oresme qui représente la première mise en forme d'une réflexion sur le phénomène monétaire. S'y rattachent également les écrits des théologiens sur la question de l'usure qui fut au centre de toutes les études médiévales. A la seconde se rattache toute la politique monétaire royale d'opposition entre les émissions royales et les frappes féodales.
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Il est inutile de reprendre ici les questions abordées dans mon Histoire de la monnaie des origines au 18e siècle. Cependant, il convient d'insister sur le fait que les dixième-quatorzième siècles furent ceux du développement économique, donc de la banque de la comptabilité publique, et des prix. Il est hors de notre propos de donner une liste des très nombreux ouvrages relatifs à l'économie médiévale. J'insisterai davantage sur les questions économiques qui ne sont le plus souvent abordées que dans des articles éparpillés ou de courtes études.
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(Anjou, Auvergne, Berri, Bourbonnais, Bretagne, Évreux, France, Limousin, Maine, Nevers, Normandie, Penthièvre, Perche, Touraine, Velay).
La rédaction de compléments au gigantesque travail de Poey d'Avant ne pouvait s'effectuer qu'après avoir mis au point un système homogène de présentation des informations. Ce système s'articule autour des divisions des grands chapitres des Monnaies féodales de France.
En tête des compléments, nous donnons la liste des entités géographiques majeures telles que Poey d'Avant les a lui-même organisées dans son index.
Nous avons retenu les cadres déterminés par Poey d'Avant. Les divisions ont été reprises et présentées en précisant:
- La nature du pouvoir émetteur (royaume, comté, vicomté, archevêché, évêché, etc.). Si aucun détail n'est indiqué, cela signifie que l'atelier a émis dans un cadre seigneurial ou dans une ville.
- Lorsque l'atelier a été attribué à d'autres villes, que des frappes ont été effectuées dans d'autres endroits, ou que les émissions ont été désignées sous d'autres attributions, ces localisations sont précisées entre < >.
- Les dates d'activité de l'atelier sont précisées entre (). Lorsque l'atelier n'a émis que sous les Carolingiens, et non sous les seigneurs féodaux, ce point est précisé. Viennent dans tous les cas les périodes d'émission. En règle générale, je donne les périodes maximales de frappes, c'est à dire à partir du début du règne de la personne qui a initié les frappes jusqu'à la fin de celui qui semble avoir été le dernier émetteur. Dans certains cas, faute d'indications suffisantes, la période ne fait référence qu'à un ou plusieurs siècles. Lorsque l'existence de l'atelier n'est pas certaine, ce point est signalé par la présence d'un (?). Un problème subsiste avec les anciens ateliers féodaux qui continuèrent à émettre pour les rois de France. Dans ce cas, j'indique les dates les plus compatibles avec la notion d'émission féodale.
- Enfin, j'indique le tome et la page de l'étude de Poey d'Avant.
Les très grandes divisions géographiques sont inscrites en majuscules grasses en milieu de page. Les entités géographiques plus petites le sont en majuscules grasses italiques.
Dans chaque complément les choses s'organisent de la manière suivante:
- Une introduction historique rapide qui précise les événements marquants de la période d'activité de l'atelier. Dans cette partie sont repris tous les numéros des descriptions de Poey d'Avant. Chacun pourra alors compléter et reporter ces indications dans la partie qui l'intéresse. Il ne faut pas chercher dans ces compléments, de corrections de détails. L'introduction historique a été établie d'après Engel et Serrure, Blanchet et Dieudonné, avec renvoi aux numéros de Poey d'Avant tels que les laissaient entendre les auteurs susnommés. Les correctifs les plus importants sont ceux d'Engel et Serrure (ils ont été repris par Blanchet et Dieudonné) et toute nouvelle monographie passera par la parfaite prise en compte des apports majeurs de ces deux grands savants.
- Une liste de compléments bibliographiques se subdivisant en deux parties:
* La première rassemble des références à caractère général. Cette liste est classée par ordre chronologique des publications.
* La seconde dresse la liste des études très ponctuelles d'émissions ou de monnaies précises. Cette liste est classée par ordre chronologique des émetteurs, puis des publications. J'y signale quelques réattributions entre ateliers. Cependant, dans le cas des émissions espagnoles étudiées par M. Crusafont, ce point a été allégé et je renvoie aux excellents travaux de ce chercheur.
La bibliographie complémentaire est destinée à permettre aux chercheurs, étudiants, collectionneurs de localiser les principaux travaux dont la consultation doit précéder toute étude. Lorsque l'étude ne concernait qu'une émission, l'objet de la note est signalé en gras en tête de la référence. Ce n'est pas une bibliographie critiquée. Elle n'a pour but que de pallier une lacune en instruments de travail dont les derniers remontent à la fin du dix-neuvième siècle (Engel et Serrure, Répertoire des sources... et Blanchet Dieudonné, Manuel...).
Dans tous les cas, les noms des souverains sont suivis des dates de règne. En effet, à plusieurs reprises, des divergences me sont apparues tant dans le nom du régnant (orthographe, numéro d'ordre) que dans les dates. Par souci de précision, j'ai tenté de préciser et d'harmoniser le plus possible. Au moins, l'abondance des éléments permettra de mieux retrouver les émetteurs concernés. Dans la partie bibliographique, ces détails ne sauraient être le gage de l'exactitude de la datation, qui, souvent depuis le dix-neuvième siècle, a été contestée et revue.
Néanmoins, dans quelques cas, des difficultés subsistent. C'est le cas, par exemple, pour les émissions au type bléso-chartrain. J'ai utilisé le terme de type bléso-chartrain qui a été employé par Poey d'Avant, sans lui donner une autre importance que descriptive. Plusieurs publications ont étudié ce type en considérant plusieurs ateliers à la fois. De façon générale, j'ai reproduit dans les divers compléments la liste des principales études.
Les études générales relatives aux monnaies tournois et aux monnaies parisis, prises dans le sens de monnaies de compte ont été reportées dans un souci de simplification aux ateliers de Paris ou de Tours.
Les espèces émises dans le cadre du monnayage semi-royal avec le nom du roi et celui d'une ville ont été classées dans les compléments relatifs à la ville. Les émissions strictement royales effectuées dans les anciens ateliers féodaux n'ont pas été reprises, mais j'ai donné en liste bibliographique la référence au classement de Jean Duplessy, généralement pour les émissions antérieures à Philippe II Auguste (1180-1223).
Poey d'Avant prit principalement en compte les émissions au type ducal du futur roi de France, Hugues Capet. Dans les autres villes, il considéra les émissions dites semi royales alliant un avers au nom du roi (REX) et le revers portant une indication à caractère local.
Les émissions du duché s'inscrivaient généralement dans la poursuite des frappes carolingiennes ou d'époque carolingienne. Cependant, Philippe Ier (1060-1108) a réorganisé, dans le cadre de l'agrandissement du royaume et de la lutte contre les anglo-normands, les ateliers en harmonisant les types et la localisation des frappes.
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions parisiennes s'inscrivaient dans la suite des frappes carolingiennes (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 780). Les monnaies PA 1-7 et 11-13 se rattachent directement à ces frappes. En réalité, n'appartiennent aux émissions féodales que les frappes de Bouchard le Vénérable qui apposa son monogramme sur certaines monnaies (PA 8-10, Ciani 9-11) et celles d'Hugues Capet encore duc (PA 14-15), bien que Ciani les aient annexées à la numismatique royale (Ciani 1-3). Les PA 16-17 relèvent de la numismatique royale (Ciani 7-9).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Blanchet, A., Dieudoné, A., 1936, Manuel de numismatique française, 4, Monnaies féodales françaises (A. Dieudonné), Paris, p. 227-229.
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Hugues Capet (956-987): deniers (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 2).
Hugues Capet (956-987): deniers (Lafaurie, J., 1976, "Trésor du Xe siècle trouvé à Tousson (Seine-Maritime)", Bulletin de la société française de numismatique, p. 31-33).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les frappes de l'abbaye de Saint-Denis ne relèvent pas des émissions féodales à proprement parler. Poey d'Avant a incorporé ces frappes d'époque carolingienne (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 892-901). Les monnaies 18-21 rélèvent donc des émissions carolingiennes.
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Le denier PA 22 est de frappe carolingienne (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 252-253. Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 788).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les deniers PA 23-25 sont carolingiens (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 251; Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 915-917). Le monnayage féodal a débuté au dixième siècle avec des émissions locales anonymes d'époque carolingienne.
* Bernard, comte de Senlis (940-945) (PA -; Fécamp relu par Legros).
* Henri Ier (1031-1060) (PA 26-28).
* Philippe Ier (1060-1108) (PA 29-30).
* Louis VI (1108-1137) (PA 31-35).
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Dixième siècle: deniers (Dumas, F., 1971, Le trésor de Fécamp, Xe siècle, Paris, p. 138-139).
Dixième siècle: deniers (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, 917).
Dixième siècle: obole (Duplessy, J., 1990, "Obole inédite de Senlis (Xe siècle)", Bulletin de la société française de numismatique, p. 877-878).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Le denier PA 36 est carolingien (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 256; Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 635).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Emission indéterminée dont l'attribution reste à confirmer (PA 37).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Duchalais, J.-B., 1840, "Observations sur quelques monnaies des Xe et XIe siècles frappées à Senlis, Chinon, Orléans, Étampes, le Mans, et Cateau-Cambrésis", Revue numismatique, p. 431-440.
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les deniers PA 38-39 sont carolingiens. Les émissions carolingiennes se poursuivirent au moins jusqu'à Lothaire (954-986) (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 436). Nous devons exclure le faux denier de Hugues le Grand (PA -). Les frappes ont dû reprendre avec des deniers de Philippe I (PA 40-48) (1060-1108) et de Louis VI (et non Louis V, PA 49-56) (1108-1137).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Duchalais, J.-B., 1840, "Observations sur quelques monnaies des Xe et XIe siècles frappées à Senlis, Chinon, Orléans, Étampes, le Mans, et Cateau-Cambrésis", Revue numismatique, p. 431-440.
Blanchet, A., Dieudoné, A., 1936, Manuel de numismatique française, 4, Monnaies féodales françaises (A. Dieudonné), Paris, p. 320.
Duplessy, J., 1986, Les monnaies françaises royales de Hugues Capet à Louis XVI (987-1793), Paris (monnaies royales de Philippe Ier, p. 34-35; de Louis VI, p. 49-52).
Hugues le Grand (923-956): denier (Legrand, M., 1919, "Denier de Hugues le Grand frappé à Étampes", Revue numismatique, p. 1-16). Considéré comme faux (trésor d'Arpajon, Duplessy, J., 1985, Les trésors monétaires médiévaux et modernes découverts en France, Paris, 19).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Emissions royales uniquement aux noms de Philippe Ier (1060-1108) (PA 57, Ciani 79) et de Louis VI (1108-1137) (PA 58, Ciani 99-102).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Thomas, L., 1884, "Numismatique pontoisienne", Mémoire de la société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, p. 17-42.
Duplessy, J., 1986, Les monnaies françaises royales de Hugues Capet à Louis XVI (987-1793), Paris (monnaies royales de Philippe Ier, p. 40; Louis VI, p. 57-58; de Louis VII, p. 64-65).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les frappes carolingiennes de Château-Landon se poursuivirent jusqu'à Raoul (923-936). Les deniers PA 59-60 sont carolingiens. Les frapes continuèrent avec des monnaies royales (deniers et oboles) de Philippe I (1060-1108) (PA 61-62, Ciani 51-53, Duplessy 34-37A) et de Louis VI (1108-1137) (PA 63-64, Ciani 103-104, Duplessy 90-95).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Duplessy, J., 1986, Les monnaies françaises royales de Hugues Capet à Louis XVI (987-1793), Paris (monnaies royales de Philippe Ier, p. 32; de Louis VI, p. 47-48; de Louis VII, p. 61).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Atelier en activité sous Philippe I, roi de France (1060-1108) (PA 65, Ciani 64, Duplessy 48) et sous Louis VI (1108-1137) (PA 66-69, Ciani 126 attribué à Louis VII 1137-1180, Duplessy 139-140).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): De Barthélémy, A., 1859, "Monnaies baronales inédites, Mantes, Reims, Lyon", Revue numismatique, p. 135-149.
Duplessy, J., 1986, Les monnaies françaises royales de Hugues Capet à Louis XVI (987-1793), Paris (monnaies royales de Philippe Ier, p. 35; de Louis VI, p. 52-53; de Louis VII, p. 62).
Philippe Ier roi (1060-1108): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 4-5).
Philippe Ier roi (1060-1108): denier (De Barthélémy, A., 1860, "Monnaies françaises inédites, Mantes, Reims, Lyon", Revue numismatique, p. 135-149).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions carolingiennes d'Orléans furent parmi les plus importantes du duché de France. Commencées avec les deniers de Charlemagne (type de 768-814), elles se poursuivirent jusqu'à Raoul (923-936). A côté de ces émissions furent produites au huitième siècle plusieurs séries de monnaies aux noms d'établissements religieux, comme Saint-Aignan et Sainte-Croix (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 721-736, 737, 738-741). Les monnaies PA 70-74 sont indubitablement des frappes carolingiennes.
Les séries féodales ne semblent débuter qu'avec les imitations des émissions carolingiennes à la porte de ville (PA 75 suivants; Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 735-736). Elles furent sans doute introduites par un des successeurs de l'évêque Arnould (U 1003) qui, au début du onzième siècle avait obtenu le droit de monnaie. Enfin, Philippe Ier (1060-1108) poursuivit la frappe du même type (PA 75-85, Ciani 65-71, Duplessy 48, 53-55). Les émissions se poursuivirent aux noms des rois de France. L'atelier frappa un écu d'or au nom du duc Charles prisonnier à Londres (1419-1422).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Duchalais, J.-B., 1840, "Observations sur quelques monnaies des Xe et XIe siècles frappées à Senlis, Chinon, Orléans, Étampes, le Mans, et Cateau-Cambrésis", Revue numismatique, p. 431-440.
Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 992.
Blanchet, A., Dieudoné, A., 1936, Manuel de numismatique française, 4, Monnaies féodales françaises (A. Dieudonné), Paris, p. 312-313.
Legros, D., 1984, Monnaies féodales françaises, premier volume, Bruxelles.
Duplessy, J., 1986, Les monnaies françaises royales de Hugues Capet à Louis XVI (987-1793), Paris (monnaies royales de Philippe Ier, p. 36-37; Louis VI, p. 55; de Louis VII, p. 63).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: L'atelier n'existe sans doute pas, du moins les éventuelles frappes ne sont pas identifiées.
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Voir Bouchard Ier le Vieux (958-1012) à Vendôme.
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: L'atelier de Dreux fonctionna à l'époque carolingienne. La monnaie PA 86 appartient à ces frappes sous Raoul (923-936) (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 424).
A Dreux, les premières frappes apparurent quand Eudes I (988-995 et non Eudes II, comte de Chartres 1004-1037 comme le supposaient Engel et Serrure), reçut en raison de son mariage avec Mahaut, fille de Richard I duc de Normandie (942-996), le comté de Dreux.
Eudes II (1004-1037) frappa avec le type bléso-chartrain.
Les séries féodales débutèrent avec les émissions à la porte de ville (PA 87) comme à Orléans. Elles se poursuivirent avec Roger I de Blois évêque de Beauvais (998-1022) également seigneur de Nogent (le-Roi) (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 377).
Les émissions continuèrent avec un Hugues (PA 88-90) et un Robert (PA 91-92). Le premier ne saurait dater que du onzième siècle, sans doute Hugues Bardoul (mort en 1055), tandis qu'on peut attribuer les autres émissions à Robert I ou II (1132-1184 ou 1184-1218).
Caron, E., 1863, "Dissertation sur une monnaie de Dreux au type chartrain", Bulletin de la société archéologique du Vendômois.
Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 377.
Blanchet, A., Dieudoné, A., 1936, Manuel de numismatique française, 4, Monnaies féodales françaises (A. Dieudonné), Paris, p. 227-229, 319.
Legros, D., 1984, Monnaies féodales françaises, premier volume, Bruxelles.
Spufford, P., 1986, Handbook of Medieval Exchange, Londres (valeurs en autres espèces).
Duplessy, J., 1986, Les monnaies françaises royales de Hugues Capet à Louis XVI (987-1793), Paris (monnaies royales de Philippe Ier, p. 33; Louis VI, p. 49).
Type bléso-chartrain: Caron, E., 1863, "Dissertation sur une monnaie de Dreux au type chartrain", Bulletin de la société archéologique du Vendômois, p. 67-74.
Type bléso-chartrain: Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 5-6 (attribué à Eudes, 996-1025).
Type bléso-chartrain: Serrure, R., 1891-1892, "La numismatique féodale de Dreux et Nogent au XIe siècle", Bulletin de numismatique, p. 21-27.
Type bléso-chartrain: De Ponton D'Amécourt, 1895, "Description générale des monnaies au type chinonais", Annuaire de la société de numismatique, p. 137-163, 242-260, 359-381, 426-462, 540-571.
Type bléso-chartrain: De Ponton D'Amécourt, R., 1898, Monnaies au type chinonais, Mâcon.
Roger I de Blois, évêque de Beauvais (998-1022): denier (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 378).
Hugues Bardoul (U 1055): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 6).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions de Nogent sont très limées, voire confondues avec celles de Dreux.
Les émissions avaient commencé avec les frappes carolingiennes (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, 709 corrigé). A ces frappes appartient le denier PA 1898.
Comme à Dreux, les premières frappes féodales apparurent quand Eudes I (988-995), reçut le comté de Dreux.
Eudes II (1004-1037) frappa avec le type bléso-chartrain.
Les séries féodales débutèrent avec les émissions à la porte de ville (Engel Serrure).
Roger I de Blois évêque de Beauvais (998-1022) également seigneur de Nogent (le-Roi) émit avec le type à la porte (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 377).
Les émissions continuèrent avec un Hugues Bardoul (mort en 1055) et Amaury III (1087).
Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 377.
Blanchet, A., Dieudoné, A., 1936, Manuel de numismatique française, 4, Monnaies féodales françaises (A. Dieudonné), Paris, p. 321.
Type bléso-chartrain: Cartier, E., 1844, "Recherches sur les monnaies au type chartrain frappées à Chartres, Blois, Vendôme, Châteaudun, Nogent-le-Rotrou (Perche), Saint-Aignan, Celles, Romorantin, Brosse, etc.", Revue numismatique, p. 405-428, 1845, p. 26-51, p. 112-141, p. 196-221, p. 275-308, p. 360-395, 1846 p. 28-55.
Type bléso-chartrain: Cartier, E., 1849, "Dernières observations sur les monnaies au type chartrain", Revue numismatique, p. 248-295.
Type bléso-chartrain: De Ponton D'Amécourt, 1895, "Description générale des monnaies au type chinonais", Annuaire de la société de numismatique, p. 137-163, 242-260, 359-381, 426-462, 540-571.
Type bléso-chartrain: De Ponton D'Amécourt, R., 1898, Monnaies au type chinonais, Mâcon.
Roger I de Blois, évêque de Beauvais (998-1022): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 10).
Hugues Bardoul (U 1055): denier (Dumas, F., 1971, Le trésor de Fécamp, Xe siècle, Paris, p. 206-208).
Hugues Bardoul (U 1055): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 10).
Hugues Bardoul (U 1055): réattribution du denier de Hugues II de Meulent (1056-1077) (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 12) (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 378).
Amaury III (1087): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 11).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: La monnaie de Hugues II de Meulent (ou Meulan) (1056-1077) (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 12) a été réattribuée à Hugues à Nogent le Roi (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 378).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Rouen était un important atelier carolingien. A côté de l'atelier principal des émissions eurent lieu dans des établissements religieux comme Saint-Romain, Saint-Maclou ou dans le monastère de Saint-Ouen. Rouen suspendit ses émissions avec les frappes de Hugues le Noir (937-952) et Louis IV d'Outre-Mer (936-954) (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 874-884, 885, 886, 887-888). Caron a noté des types monétaires qu'il attribua à Lothaire (954-987). Ces deniers sont en réalité des frappes de Louis IV d'Outre-Mer (936-954), comme le montre leur présence dans le trésor d'Evreux, enfoui en 945 (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 882). Les monnaies PA 98-109 se rattachent à ces émissions carolingiennes.
Les premières émissions féodales ont été celles de Guillaume Longue Epée (927-943) notée par Boudeau (PA 115 corrigé) et reprise par (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 380).
Les frappes du milieu du dixième siècle, sont maintenant bien connues grâce au trésor de Fécamp, en particulier les émissions de Richard I (942-996), poursuivies par ses successeurs Richard II et III (996-1026 et 1026-1027) (PA 110-131). Ces frappes continuèrent au début du onzième siècle avec une frappe du successeur de Richard III, Robert le Diable (1027/28-1035). Après cette date, le monnayage s'immobilisa et les frappes ne portèrent guère que le nom du monétaire (PA 132-177, Engel et Serrure).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Lecointre-Dupont, G., 1843, "Lettre sur l'histoire monétaire de la Normandie", Revue numismatique, p. 102-118.
Lecointre-Dupont, G., 1846, Lettres sur l'histoire monétaire de la Normandie et du Perche, Paris.
Caron, E., 1885, "A propos de deux deniers du Xe ou XIe siècle publiés par M. Dannenberg", Annuaire de la société de numismatique, p. 158-163.
Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 379-381.
Dieudonné, A., 1926, "La numismatique normande, les monnaies féodales", Bulletin de la société des antiquaires de Normandie.
Blanchet, A., Dieudoné, A., 1936, Manuel de numismatique française, 4, Monnaies féodales françaises (A. Dieudonné), Paris, p. 302-306.
Dumas, F., 1971, Le trésor de Fécamp, Xe siècle, Paris.
Dumas, F., 1978, "Les monnaies normandes du Xe-XIIe siècles", Bulletin de la société française de numismatique, p. 389-394.
Dumas, F., 1979, ."Les monnaies normandes (Xe-XIIe siècles) avec un répertoire des trouvailles", Revue numismatique, p. 84-140.
Legros, D., 1984, Monnaies féodales françaises, premier volume, Bruxelles.
Spufford, P., 1986, Handbook of Medieval Exchange, Londres (valeurs en autres espèces).
Type carolingien de Lothaire (954-987): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 13-14).
Guillaume Longue Epée (927-943): denier (Boudeau, E., 1913, Monnaies françaises provinciales, Paris, 5).
Richard Ier (942-992): étude des émissions (Dumas, F., 1971, Le trésor de Fécamp, Xe siècle, Paris, p. 71-90).
Richard Ier (942-992): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 16).
Richard II (996-1026): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 16-17).
Robert (onzième siècle): denier (Dumas, F., 1980, "Un denier normand au nom de Robert, comte", Bulletin de la société française de numismatique, p. 669-670).
Onzième siècle: deniers (Luneau, V., 1906, "Quelques deniers normands inédits du XIe siècle", Revue numismatique, p. 306-316).
Onzième siècle: deniers (Luneau, V., 1911, "Quelques deniers normands inédits du XIe siècle, nouvelle trouvaille", Revue numismatique, p. 86-96).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: A côté de ces grandes émissions, l'archevêché de Rouen continua ses frappes, comme les religieux l'avaient fait sous les Carolingiens (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 885-888). Le trésor de Fécamp a ainsi livré une monnaie de Hugues (942-989).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Hugues archevêque (942-989): deniers (Dumas, F., 1971, Le trésor de Fécamp, Xe siècle, Paris, p. 91-97).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: A côté de ces grandes émissions, les établissements religieux en particulier celui de Saint-Romain, continuèrent leurs frappes, comme sous les Carolingiens (PA 118-119).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Anonyme (dixième siècle): deniers (Dumas, F., 1971, Le trésor de Fécamp, Xe siècle, Paris, p. 98-100).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions attribuées par Poey d'Avant à Le Talou appartiennent, en réalité à Tilly (PA 178). Ce sont des émissions de Charles le Chauve bien datées par les trésors du neuvième siècle (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, n° 975).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: L'atelier d'Evreux ne semble avoir fonctionné que sous le règne de Charles le Mauvais (1343-1387) (PA 181-193). La pièce attribuée par Poey d'Avant à Philippe de Longueville (1356-1357) a été émise pendant la captivité de son frère (PA 179-180).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 991.
Blanchet, A., Dieudoné, A., 1936, Manuel de numismatique française, 4, Monnaies féodales françaises (A. Dieudonné), Paris, p. 306-307.
Legros, D., 1984, Monnaies féodales françaises, premier volume, Bruxelles.
Marquigny, J. et B., 1983, Le monnayage d'Evreux du IXeme au XXeme siècle, Paris.
Charles le Mauvais (1343-1387): grand blanc (Caron, E., 1886, "Grand blanc de Charles le Mauvais, roi de Navarre, comte d'Evreux", Annuaire de la société française de numismatique, p. 11-118).
Charles le Mauvais (1343-1387): gros blanc à la couronne (Collection H. M., Monnaies royales et seigneuriales françaises, (Rollin et Feuardent), 26 mai 1902, n° 1289).
Charles le Mauvais (1343-1387): gros blanc fleurdelisé (Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112).
Charles le Mauvais (1343-1387): florin (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 17-18).
Charles le Mauvais (1343-1387): gros (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 17-18).
Charles le Mauvais (1343-1387): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 17-18).
Charles le Mauvais (1343-1387): denier coronat (Blanchet, J., 1888, "Denier coronat de Charles le Mauvais (1343-1387)", Revue numismatique, p. 456-460).
Charles le Mauvais (1343-1387): sol coronat (Boudeau, E., 1913, Monnaies françaises provinciales, Paris, 16).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: L'atelier n'existe sans doute pas, du moins les éventuelles frappes ne sont pas identifiées.
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: La difficulté de l'étude des émissions bretonnes tient à l'homogénéité des frappes au nom d'un seul seigneur effectuées par plusieurs ateliers monétaires. Le classement de Poey d'Avant est un moyen terme entre le classement chronologique (par souverain, puis par atelier) et le classement géographique (par atelier, puis par souverain). Je donne tout d'abord les ouvrages d'ensemble.
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Bigot, A., 1857, Essai sur les monnaies du royaume et duché de Bretagne, Paris.
Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 381-388.
Blanchet, A., Dieudoné, A., 1936, Manuel de numismatique française, 4, Monnaies féodales françaises (A. Dieudonné), Paris, p. 121-130.
De Mey, J., 1990, Les monnaies de Bretagne (781-1547), Bruxelles.
Spufford, P., 1986, Handbook of Medieval Exchange, Londres (valeurs en autres espèces).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: L'atelier de Rennes fonctionna sous les Carolingiens. Il fut actif dès le huitième siècle, mais ne semble pas avoir émis au-delà du début du dixième siècle. Les dernières frappes étaient au nom de Charles le Simple (898-921). Les monnaies PA 194-200 appartiennent aux émissions carolingiennes (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, p. 215-216).
Le type carolingien fut repris pendant quelques années. Au milieu du dixième siècle, le type carolingien fut modifié par l'introduction d'une légende + DVX BRITANNIE (PA 201-203) ou + MONETA CIVI (PA 204-207).
Dès le début du onzième siècle, les émissions portèrent le nom du roi Alain III (1008-1040) (PA 214-215).
La Bretagne fut alors dirigée par Eudes de Penthièvre (1040-1062), tuteur de Conan II (1062-1066). Il émit alors des deniers au temple carolingien (PA 1428), des deniers au monogramme (PA 1429) et des séries anonymes portant la marque de l'atelier de Quimperlé (voir plus bas) (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 384). La frappe fut poursuivie par:
* Conan II (1062-1066) avec des types au monogramme (PA 216-239).
* Hoël II (1066-1084) types au monogramme (PA 240-243). Les espèces de Geoffroi, comte de Rennes (1084-1085) doivent être restituées à Geoffroi Plantagenet (1115-1158).
* Alain IV Fergent ou Alain IV le Roux (1084-1112) types à la rosace (PA 246-265).
* Conan III le Gros (1112-1148) avec des types dont le champ du droit est occupé par les lettres IVS (PA 266-269).
* Eudon de Porhoet (1148-1158) des types à rosace (PA 270).
* Geoffroi Plantagenet, comte de Nantes (1156-1158) des types avec IVS en champ (PA 244-245) et les pièces à la légende + BRITANNIE.
* Conan IV le Petit (1158-1169) avec des types voisins de ceux de Conan III (1112-1148), portant le titre DVX en champ (PA 273-274).
* Geoffroi II (1169-1186) fils d'Henri II d'Angleterre avec des types voisins de ceux de Geoffroi Plantagenet, mais avec le titre DVX en champ et le cantonnement de la croix (PA 275-276). Nous suivrons Engel et Serrure qui attribuent à Geoffroi II (1169-1186), fils du roi d'Angleterre les monnaies portant une fleur de lis (PA 271-272).
Entre la date de la mort de Geoffroi II (1169-1186) fils d'Henri II d'Angleterre et le monnayage français royal de Philippe Auguste (1206-1213) durent être émises des espèces anonymes. Nous regroupons dans cette séquence chronologique les monnayages anonymes PA 291-304.
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Bigot, A., 1857, Essai sur les monnaies du royaume et du duché de Bretagne, Paris.
De Barthélémy, A., 1856, "Notes sur l'histoire monétaire de l'ancienne province de Bretagne", Revue numismatique,
De Barthélémy, A., 1859, "Notes sur l'histoire monétaire de l'ancienne province de Bretagne", Revue numismatique,
Aussant, J., 1863, "Etude de numismatique bretonne", Mémoires de la société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, p. 134 suivantes.
Blancard, L., 1888-1889, "Nouveau classement des monnaies bretonnes antérieures au monnayage de Philippe-Auguste", Mémoires de l'académie de Marseille.
Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 381-388.
Le Hardelay, Ch., 1921, "Contribution à la numismatique de Bretagne", Revue numismatique, p. 185-192.
Blanchet, A., Dieudoné, A., 1936, Manuel de numismatique française, 4, Monnaies féodales françaises (A. Dieudonné), Paris, p. 121-130.
Buisson, H., 1961, Monnaies féodales bretonnes de Charles le Chauve à Anne de Bretagne, Périgueux.
De Mey, J., 1970, Les monnaies de Bretagne (781-1547), Bruxelles.
Dumas, F., Barrandon, J.-N., 1982, Le titre et le poids de fin des monnaies sous le règne de Philippe Auguste (1180-1223), Paris (analyses de monnaies).
Type carolingien: denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 21-22).
Conan I le Tort (990-992): Lecoq-Kerneven, J., 1863, Etude sur un denier de Conan Ier dit le Tors, Rennes.
Eudes de Penthièvre (1040-1062): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 23-24).
Eudon de Penthièvre (1034-1062): deniers (Pilet-Lemière, J., 1985, "Trois deniers découverts à Landévennec attribués à Eudon de Penthièvre: 1040-1047", Bulletin de la société française de numismatique, p. 637-638).
Conan II (1062-1066): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 26).
Conan II (1062-1066): denier (Maxe-Werly, L., 1883, "Monnaies seigneuriales inédites ou peu connues", Revue numismatique, p. 189-215).
Hoël II (1066-1084): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 26-27 et 395).
Hoël II (1066-1084): denier (Maxe-Werly, L., 1883, "Monnaies seigneuriales inédites ou peu connues", Revue numismatique, p. 189-215).
Alain IV (1084-1112): deniers attribués à Alain III par PA (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 28).
Eudon de Porhoet (1148-1158): denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 28).
Eudon de Porhoet (1148-1158): denier PA 270 (Dieudonné, A., 1935, "Monnaies féodales françaises récemment entrées au Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 185-195).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: L'atelier de Nantes émit sous les Carolingiens, au moins durant le huitième siècle et jusqu'au règne de Charles le Chauve avec les émissions des années 864-875. Les monnaies PA 208-209 appartiennent aux Carolingiens, alors que les PA 210-211 sont des types carolingiens imités (Depeyrot, G., 1993, Le numéraire carolingien, Paris, p. 190). Les monnaies PA 212-213 appartiennent aux émissions au buste ou du type bléso-chartrain, sans rapport avec la Bretagne.
Au milieu du douzième siècle, comme à Rennes, le type carolingien fut modifié par l'introduction d'une légende + DVX BRITANNIE (PA 277-290).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Dumas, F., Barrandon, J.-N., 1982, Le titre et le poids de fin des monnaies sous le règne de Philippe Auguste (1180-1223), Paris (analyses de monnaies).
Spufford, P., 1986, Handbook of Medieval Exchange, Londres (valeurs en autres espèces).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions de Philippe Auguste comprennaient des émissions sans localisation dont des frappes des divers ateliers. Les diverses frappes furent alors effectuées par plusieurs ateliers.
* Rennes ou Nantes pour les frappes sans nom d'atelier (+ DVX BRITANIE) comme le supposent Engel et Serrure (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 369) (PA 305-306).
* Guingamp (I, p. 58) (PA 307-308).
* Nantes (I, p. 58) (PA 309).
* Rennes (I, p. 58) où furent émises deux séries l'une avec le châtel au revers (PA 310-312) et l'autre avec la légende SCS MARTINVS et le châtel au droit (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 28).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Duplessy, J., 1986, Les monnaies françaises royales de Hugues Capet à Louis XVI (987-1793), Paris (monnaies royales de Philippe II, p. 75).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions des ducs de Bretagne, sont complexes et nombreuses. Nous pourrions dire que pendant une première période, en gros jusqu'au milieu du quatorzième siècle, les émissions monétaires s'intégraient dans le cadre assez simple de la poursuite des émissions des comtes de Bretagne, c'est à dire avec un système basé sur le denier.
Avec les premiers événements militaires du quatorzième siècle qui marquèrent le début de la guerre de Cent Ans et les guerres de successions de Bretagne, les émissions monétaires devinrent à la fois plus nombreuses et plus diversifiées, en relation avec les besoins militaires (armes, fortifications, etc.) et le versement des soldes des mercenaires.
Avec la mort de Jean IV (1345-1399) et le début du quinzième siècle, cette tendance s'inversa et le nombre des types, des émissions, des ateliers et les quantités émises décrurent. Cette diminution se poursuivit durant tout le siècle. Les rapprochements entre la Bretagne et la Couronne, principalement marqués par le mariage de la duchesse Anne marquèrent la fin des émissions monétaires bretonnes.
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les frappes de Pierre Mauclerc, qui doit être considéré comme un duc de Bretagne, furent effectuées dans les deux ateliers de Nantes et de Rennes. Trois types furent utilisés.
* Type avec le nom d'Etienne (PA 314-317).
* Un type anonyme au nom de Guingamp (PA 318-326).
* Un type anonyme avec nom de CASTRI GIGAMPI dont on ne peut savoir, pour lui comme ses successeurs, s'il s'agit de frappes effectuées à Guingamp ou reprenant un type qui s'immobilisa (PA 327-336).
Le PA 313 est sans doute un faux.
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions de Jean le Roux (1237-1286) comprenaient plusieurs grands types monétaires qui ont dû être émis dans les ateliers de Nantes ou Rennes.
* Un type anonyme avec nom de CASTRI GIGAMPI reprenant les frappes de Pierre Mauclerc (frappes effectuées à Guingamp immobilisées ?) (PA 337-345).
* Les monnaies au revers BRITANNIE, portant la marque N de l'atelier de Nantes (PA 346-347).
* Les monnaies au revers BRITANNIE, portant la marque R de l'atelier de Rennes (PA 348). Connues que par une obole mal conservée, les frappes de cet atelier restent à confirmer.
* Les monnaies de l'atelier nouvellement créé à Vannes (PA 349-350), doubles deniers (Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112).
* Des monnaies faisant référence à la Bretagne (PA 351-369).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Obole (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 30).
Denier (Caron, E., 1898, "Denier de Jean Ier de Bretagne portant le titre de comte", Gazette numismatique française, p. 129-133).
Denier (Boudeau, E., 1913, Monnaies françaises provinciales, Paris, 33).
Obole (Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112).
Denier (Yvon, J., 1968, "Le trésor de Bouvron, les deniers à l'écu de Jean Ier de Bretagne", Revue numismatique, p. 236-249).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: La numismatique des frappes de Jean II (1286-1305) reste en partie sujette à confusion avec celle de Jean I. Certaines pièces de Jean II (1286-1305) sont réattribuées à Jean I (1237-1286) (Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112). Il est vrai que des frappes de Jean II s'inscrivaient dans la suite des émissions de son prédécesseur:
* Un type anonyme avec nom de CASTRI GIGAMPI (frappes effectuées à Guingamp immobilisées ?) (PA 370-372).
* Les monnaies au revers BRITANNIE, portant diverses lettres telles que R, h, I, B. Bigot, Poey d'Avant et à sa suite Caron dans ses premiers travaux ont tenté de lire les marques comme celles d'ateliers monétaires (R pour Rennes, h pour Hennebon Caron p 30, I pour Jugon PA 378, B pour Saint-Brieuc PA 373-377).
* Des monnaies faisant référence à la Bretagne (PA 379-386).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 30).
Obole (Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les frappes d'Arthur II (1305-1312) comprenaient:
* Un type anonyme avec nom de CASTRI GIGAMPI (frappes effectuées à Guingamp immobilisées ?) (PA 387-388). Ce furent les dernières frappes à ce type.
* Les monnaies au droit BRITANNIE, portant la lettre N interprétée comme la marque de Nantes (PA 389-398), ou sans marque d'atelier (anonyme ou oubli ?) (PA 399) où Arthur II portait le titre de comte de Richemond.
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions monétaires de Jean III (1312-1341) ne différaient guère de celles d'Arthur II (1305-1312). On remarque toutefois l'abandon du type anonyme avec nom de CASTRI GIGAMPI (frappes effectuées à Guingamp immobilisées ?) qui avait été utilisé de Pierre Mauclerc à Arthur II, soit de 1213 à 1312. Les émissions de Jean III (1312-1341) étaient organisées autour de deux types et de plusieurs ateliers:
* Les monnaies au BRITANNIE émises dans plusieurs ateliers:
- Evran (marque E) (PA 402-404).
- Guingamp (marque G) (PA 405).
- Nantes (marque N) (PA 406-408, 412-413).
- Atelier inconnu (PA 414).
* Les monnaies en tant que comte de Richemont émises dans plusieurs ateliers:
- Evran (marque E) (PA 400-401).
- Nantes (marque N) (PA 409-411).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Double denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 32; p. 395, Caron restitue cette monnaie à Yolande de Flandre, comtesse de Bar).
Piéfort (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 32).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Jean dit Le Captif (1341-1345) passa son règne enfermé dans la Tour du Louvre. Il est convenu de lui attribuer quelques séries de monnaies, en particulier celles avec la marque NA-NT ou BR-IT en champ qui désigneraient de façon assez évidente les ateliers de Nantes et la Bretagne (Engel, A., Serrure, R., 1891-1905, Traité de numismatique du Moyen Age, Paris, p. 993).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Lecoq-Kerneven, J., 1868-1872, "Monnayage de Jean IV dit le Captif, duc de Bretagne, premier compétiteur de Charles de Blois, étude historique sur le numismatique bretonne", Annuaire de la société française de numismatique, p. 149-161.
Deniers (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 32).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions de Charles de Blois (1341-1347/1364) marquèrent une rupture complète avec les frappes des autres ducs de Bretagne. A l'homogénéité des frappes antérieures succèda une hétérogénéité, conséquence du développement de la pratique des frappes imitatives. Les ateliers se mirent, en effet, à reproduire la presque totalité des émissions françaises et flamandes en n'en modifiant que quelques détails et en utilisant un métal de moindre qualité. Le nombre des types augmenta, citons,
- Les monnaies d'or telles que royal, franc.
- Les pièces d'argent comme le gros tournois, le gros blanc (lis épanoui, semis de fleurs de lis, trois lis sous couronne; légende bilinéaire, trilinéaires, etc.), le demi gros blanc reprenant les types précédents.
- Les doubles de billon (moucheture d'hermine, lis épanoui, trois lis sous couronne, etc.) avec diverses légendes, les blancs à la couronne de divers types, les deniers divers.
Il fut fait prisonnier par les Anglais en 1347 et enfermé dans la Tour de Londres. Ses émissions furent effectuées dans plusieurs ateliers: Aurai (I, p. 73, PA 415), Saint-Brieuc (I, p. 73, PA 416), Dinan (I, p. 74, PA 417), Guingamp (I, p. 74, PA 418-425), Nantes (I, p. 75, PA 426-443), Rennes (I, p. 77, PA 444-462), mais également d'autres ateliers encore inconnus (I, p. 79, PA 463-552). Les recherches numismatiques ont permis de découvrir de nombreux nouveaux types ou de très nombreuses variétés. Il est évident qu'un travail de longue haleine sur les émissions de ce duc est encore attendu.
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Piéfort (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 34-37).
Gros tournois (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 34-37).
Double (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 34-37).
Denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 34-37).
Piéfort du double (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 34-37).
Double (Maxe-Werly, L., 1883, "Monnaies seigneuriales inédites ou peu connues", Revue numismatique, p. 189-215).
Denier (Maxe-Werly, L., 1883, "Monnaies seigneuriales inédites ou peu connues", Revue numismatique, p. 189-215).
Franc à cheval (Caron, E., 1895-1896, "Franc à cheval inédit de Charles de Blois, duc de Bretagne (1341-1364)", Bulletin de numismatique, p. 41-45).
Gros tournois (Procès verbaux de la société française de numismatique, 1904, p. ii).
Franc à cheval (Boudeau, E., 1913, Monnaies françaises provinciales, Paris, 59).
Denier de Nantes (Boudeau, E., 1913, Monnaies françaises provinciales, Paris, 72).
Demi-blanc (Dieudonné, A., 1935, "Monnaies féodales françaises récemment entrées au Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 185-195).
Denier PA 4778 (Dieudonné, A., 1935, "Monnaies féodales françaises récemment entrées au Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 185-195).
Denier (Dieudonné, A., 1935, "Monnaies féodales françaises récemment entrées au Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 185-195).
Gros tournois (Dumas, F., 1963, "Gros à la couronne de Charles de Blois", Bulletin de la société française de numismatique, p. 312; Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112).
Denier (Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112).
Double (Duplessy, J., 1966, "Double breton inédit, sans nom de duc (vers 1360)", Bulletin de la société française de numismatique, p. 76-77).
Demi-gros (Moesgaard, J. C., 1995, "Un demi-gros hybride de Charles de Blois, duc de Bretagne: la datation du double tournois du 9e type de Jean le Bon", Bulletin de la société française de numismatique, p. 1035).
Piéfort du gros aux trois lis (De La Perrière, P., 1980, "Deux piéforts bretons inédits", Bulletin de la société française de numismatique, p. 680).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Fils de Jean le Captif il entra en guerre contre Charles de Blois dès 1345. Les émissions du règne de Jean IV (1345-1399) furent sans doute les plus importantes de toutes les frappes bretonnes. On ne sera donc pas étonné que la liste des nouveautés soit particulièrement longue. Ses frappes sont généralement scindées en deux groupes, l'un correspondant aux frappes contemporaines de la guerre contre Charles de Bois (1345-1364), et les autres postérieures à la mort de Charles (1364-1399). On rencontre parmi ces frappes.
- Des monnaies d'or, franc à cheval.
- Des monnaies d'argent, gros tournois de plusieurs types, gros de Brest, gros à la queue,
- Des monnaies de bas billon, avec le lion de Montfort, le lion de Flandre, à l'écu heaumé, écu penché, etc.,
- Des blancs à la fleur de lis, de donne, l'écu imité du guénar.
- D'innombrables doubles et deniers noirs.
Comme sous le règne antérieur, les frappes de Jean IV de Montfort (1345-1399), imitaient les diverses productions royales françaises ou étrangères. Ces types étaient parfois repris de façon plus ou moins complète, soit transformé et adoptés aux habitudes locales (lieux, légendes, etc.).
Cette augmentation des types monétaires et des imitations alla de pair avec une croissance des ateliers parmi lesquels Brest, Dinan (PA 654), Guérande (PA 553-566), Jugon (PA 655-656), Nantes (PA 584-592, 657-756), Quimperlé (PA 567-583), Rennes (PA 593-596, 758-855), Vannes (PA 597-613, 856-921). D'autres ateliers sont plus contestés, comme Ploermel (?) (PA 757), tandis que d'autres ne sont pas localisés dans l'oeuvre de Poey d'Avant (PA 614-653, 922-945).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Chauffier, L., 1867, "Monnaies baronales inédites", Revue numismatique, p. 135-144.
Chauffier, L., 1869-1870, "Monnaies inédites de Jean IV", Revue numismatique, p. 194-220.
Denier (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 38-40).
Double (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 38-40).
Demi-gros (Maxe-Werly, L., 1883, "Monnaies seigneuriales inédites ou peu connues", Revue numismatique, p. 189-215).
Macé, 1926, "La monnaie forte de Jean IV de Bretagne", Revue numismatique, p. 162-168.
Duplessy, J., 1962, "Les monnaies de Jean IV de Bretagne avec le titre de comte de Richemont", Bulletin de la société française de numismatique, p. 189-190.
Gros tournois PA 5719, restitué à Jean IV de Bretagne (De Marchéville, 1891, "Restitution d'un gros tournois à Jean IV, duc de Bretagne", Revue numismatique, p. 209-214).
Gros (Boudeau, E., 1913, Monnaies françaises provinciales, Paris, 86).
Denier PA 386 (Dieudonné, A., 1935, "Monnaies féodales françaises récemment entrées au Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 185-195).
Demi-gros esterlin Caron III, 13 (Dieudonné, A., 1935, "Monnaies féodales françaises récemment entrées au Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 185-195).
Gros blanc à la couronne (Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112).
Blanc à la couronne (Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112).
Double tournois (Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112).
Double (Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112).
Florin et double-florin: étude des types (Dhénin, M., 1973, "Florin et double-florin de Bretagne", Revue numismatique, p; 190-215).
Demi-gros au lion (Duplessy, J., 1990, "Demi-gros au lion de Jean IV, duc de Bretagne (1345-1399) (inédit)", Bulletin de la société française de numismatique, p. 821-822).
Guérande, première série 1345-1364 (I, p. 90).
Double parisis (Dumas, F., 1963, "Monnaies féodales et étrangères récemment acquises par le Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 83-112).
Gros (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 40-44).
Double (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 40-44).
Demi-gros (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 40-44).
Blanc imité du guénar (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 40-44).
Double (Boudeau, E., 1913, Monnaies françaises provinciales, Paris, 104).
Quimperlé, première série 1345-1364 (I, p. 91).
Gros (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 40-44).
Gros (Guibourg, E., 1959, "Monnaie de Magnence trouvée à Esquibien, Gros de Quimperlé", Bulletin de la société française de numismatique, p. 320).
Nantes, première série 1345-1364 (I, p. 94), deuxième série 1364-1399 (I, p. 104).
Rennes, première série 1345-1364 (I, p. 95).
Vannes, première série 1345-1364 (I, p. 95), deuxième série 1364-1399 (I, p. 125).
Gros (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 40).
Gros de Vannes (Dieudonné, A., 1935, "Monnaies féodales françaises récemment entrées au Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 185-195).
Atelier inconnu, première série 1345-1364 (I, p. 98), deuxième série 1364-1399 (I, p. 132).
Dinan, deuxième série 1364-1399 (I, p. 103).
Jugon, deuxième série 1364-1399 (I, p. 103).
Gros à l'écu heaumé (Yvon, J., 1959, "Le cabinet des médailles de Rennes, monnaies inédites ou peu connues de Bretagne", Bulletin de la société française de numismatique, p. 317-318).
Ploermel, deuxième série 1364-1399 (I, p. 114).
Rennes, deuxième série 1364-1399 (I, p. 114).
<Brest>.
Sur l'atelier: (Guibourg, E., 1962, "L'atelier de Brest sous Jean IV et Jean V" Bulletin de la société française de numismatique, p. 178).
Gros (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 40-44).
Double (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 40-44).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions de Charles V (1374) furent particulièrement brèves. Elles eurent lieu pendant l'exil à Londres de Jean IV de Montfort de 1370 à 1380 (PA 946).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les frappes de Jean V (1399-1442) sont parfois difficiles à distinguer de celles de son père Jean IV de Montfort (1345-1399). Ces émissions se caractérisaient toutefois par une très nette décroissance du nombre des types monétaires: ce fut une période de reflux après la trop forte croissance des signes monétaires caractérisant les ducs précédents. Malgré tout, les espèces frappées étaient nombreuses, dans les trois métaux.
Les ateliers étaient tout aussi nombreux: Dinan (I, p. 136, PA 947-955), Fougères (I, p. 137, PA 956-958), Morlaix (I, p. 138, PA 959-971), Nantes (I, p. 139, PA 972-1056), Redon (I, p. 149, PA 1057-1058), Rennes (I, p. 149, PA 1059-1118), Vannes (I, p. 156, PA 1119-1149), et autres séries pas attribuées à des ateliers précis (I, p. 159, PA 1150-1186), mais l'introduction de nombreuses marques secrètes (généralement des annelets) sous certaines lettres de la légende met en lumière un important développement des contrôles sur les productions monétaires.
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Blanc (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 56-59).
Cavalier d'or de Rennes (Bronfenbrener, A., Dhénin, M., 1972, "Monnaie bretonne inédite", Bulletin de la société française de numismatique, p. 139).
Florin et double-florin: étude des types (Dhénin, M., 1973, "Florin et double-florin de Bretagne", Revue numismatique, p; 190-215).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: La tendance que nous avions remarquée au cours des frappes du duc Jean V (1399-1442) se poursuivit sous le règne de François Ier (1442-1450). La simplification des types monétaires limita l'éventail des productions ducales: écu d'or, blanc, demi-blanc, double et denier composaient désormais la production habituelle.
Il en est de même avec les ateliers monétaires dont le nombre ne cessa de décroître: Brest, Morlaix (I, p. 164, PA 1187), Nantes (I, p. 164, PA 1188-1193), et Rennes (I, p. 165, PA 1194-1238) et des frappes non attribuées à des ateliers par Poey d'Avant (PA 1239, 1364-1365).
Il est presque impossible de distinguer la production des deux ducs François qui furent effectuées à Morlais (I, p. 172, PA 1255), Nantes (I, p. 172, PA 1256-1306), Rennes (I, p. 178, PA 1307-1361), Vannes (I, p. 183, PA 1362-1363), Jugon. De ce dernier nous connaissons des écus d'or au cavalier, gros à l'écusson, blanc à la targe, doubles et deniers à l'hermine.
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Demi-cavalier (Caron, E., 1898, "un demi-cavalier d'or de François, duc de Bretagne", Gazette numismatique française, p. 57-60).
Ecu d'or (Procès verbaux de la société française de numismatique, 1904, p. L).
Denier PA 1237 (Dieudonné, A., 1935, "Monnaies féodales françaises récemment entrées au Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 185-195).
Blanc à la targe de huit mouchetures émis par François II à Jugon (Yvon, J., 1959, "Le cabinet des médailles de Rennes, monnaies inédites ou peu connues de Bretagne", Bulletin de la société française de numismatique, p. 317-318).
Sur l'atelier de Brest: Guibourg, E., 1962, "L'atelier de Brest sous Jean IV et Jean V" Bulletin de la société française de numismatique, p. 178.
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: De Pierre II (1450-1457), ne sont connus que des doubles et des deniers de billon produits par les ateliers de Nantes (I, p. 170, PA 1240-1244), et de Rennes (I, p. 170, PA 1245-1247).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Denier PA 1246 (Dieudonné, A., 1935, "Monnaies féodales françaises récemment entrées au Cabinet des Médailles", Revue numismatique, p. 185-195).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: D'Arthur III (1457-1458), ne sont connus que des doubles et des deniers de billon produits par les ateliers de Nantes (I, p. 171, PA 1248-1249), Rennes (I, p. 171, 1250-1254).
Pour François II, voir le texte de François Ier plus haut.
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: La duchesse Anne succéda à son père et n'émit guère que des gros de billon. Les ateliers de Nantes (I, p. 184, PA 1366-1379) et de Rennes (I, p. 184, PA 1380-1397) les frappèrent. Après son mariage avec le roi Charles VIII, Anne devint duchesse et reine (1491-1499) et les émissions se poursuivirent dans les deux ateliers de Nantes (I, p. 188, PA 1398-1406) et Rennes (I, p. 190, PA 1407-1415).
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Blanc (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 60).
Cadière (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 60).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions se poursuivirent dans les ateliers de Nantes (I, p. 191, PA 1416-1417) et de Rennes (I, p. 191, PA 1418-1423) sous le règne de Louis XII (1498-1515), roi de France.
Orientations bibliographiques (millésime des monographies ou objet des articles): Demi-écu (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 60-61).
Grand blanc (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 61).
Blanc (Caron, E., 1882, Monnaies féodales françaises, Paris, p. 61).
Résumé sommaire des publications postérieures à Poey d'Avant: Les émissions se poursuivirent dans les ateliers de Nantes (I, p. 192, PA 1424-1425) et de Rennes (I,